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Dossier de presse

Cette page contient notre dossier de presse pour l'année 2021.
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Liviyatan - Céline Maltère

La Gazette de Billy, octobre 2021.

Liviyatan, roman de Céline Maltère.

Zoom sur Céline Maltère.
La Billyssoise Céline Maltère est l'auteure de plusieurs livres. Puisant ses idées dans les mythes et la culture antique (elle est professeur de lettres classiques), elle s'inspire aussi de ce qui l'entoure. On trouve d'ailleurs dans ses textes des références au Bourbonnais, comme dans le roman Le  Cabinet du Diable (2016) dont l'action se passe dans la Maison Mantin à Moulins, ou encore dans des recueils de nouvelles, Scènes d'esprit (2016) ou La Déception des fantômes (2017). Ses personnages principaux sont souvent des héroïnes, comme dans ses deux derniers ouvrages, Les Rhinolophes (2020) et Vie de Mancus (2021), qui se déroulent dans un univers imaginaire semblable aux contes et où le château et les remparts de Billy pourraient avoir toute leur place. Son dernier roman, Liviyatan, paru à La Clef d'Argent, situe son histoire et ses personnages à Vichy, dans les années 30, durant «l'affaire du monstre». Céline Maltère et Fabienne Pouradier Duteil, responsable des fonds patrimoniaux de la médiathèque Valéry-Larbaud de Vichy, se proposent de vous présenter cette histoire, survenue il y a près de cent ans et qui met en scène un monstre que l'on aurait aperçu sur l'Allier, entre Vichy et Avermes, durant l'hiver 1934. La rencontre aura pour sujet ce fait divers, entre fiction et histoire, mais elle relatera encore l'Allier sauvage, la passerelle du champ de courses, les cafés, la villa Maire. Des reproductions de gravures de Billy, faites par Paul Devaux, seront aussi commentées. Cette rencontre, suivie d'un vin d'honneur et d'une séance de dédicaces, aura lieu à la salle des fêtes de Billy, le samedi 11 décembre, à 18h00. Entrée libre.


Liviyatan - Céline Maltère

L'Alamblog, 2 octobre 2021.

Liviyatan, roman de Céline Maltère.

Épisode camique à Vichy.
À l'époque des fantasques Gabriel de Lautrec et Cami, monstre du loch Ness et serpents de mer avaient bonne presse. Ils en faisaient des (absences de) leurs... Au point qu'une petite compagnie de fêtards complota à Vichy de banquets en banquets pour avoir sa propre bestiole. Parmi ceux-ci, quelques loupiots inventèrent un monstre nageant dans l'Allier et folâtrant entre les lignes de la presse locale et de ses ilôts publicitaires.
«À son bureau, Gidéon Lieberman lisait tout cela en souriant. Même si cette histoire prenait d'énormes proportions, c'était toujours moins grave que le contenu de la dernière lettre de Bodmer qu'il avait reçue en octobre.»
Céline Maltère s'est emparé du phénomène et commis un roman convoquant rien de moins que le Liviyatan (léviathan en hébreu) de l'Allier. Plus loin, au fond de ces pages pleines d'effroi et de rires, Fabienne Pouradier Duteil revient sur les petits faits vrais de cette supercherie locale et en désigne les responsables. Paul Devaux en particulier. Là, nouvelle surprise, voici qu'apparaît aussi le nom de .René Barjavel en jeune journaliste... À vos palmes, n'oubliez pas vos tubas...

Éric Dussert.



Liviyatan - Céline Maltère

Yozone, 29 septembre 2021.

Liviyatan, roman de Céline Maltère.

Fin décembre 1933, le cadavre d’un pêcheur est retrouvé sur le rivage de l’Allier à Vichy. La rumeur d’un monstre qui rôderait dans la rivière gagne vite en importance, d’autant qu’ils sont de plus en plus nombreux à l’entrapercevoir. Un dessin le représentant paraît même dans le quotidien local.
L’affaire est prise très au sérieux et draine quantité de curieux sur les rives de l’Allier, faisant les beaux jours de deux bars idéalement situés. Malgré les efforts des chasseurs et pêcheurs, le monstre reste introuvable, ce qui ne manque pas d’inquiéter la population. Tout cela n’a que trop duré et un comte qui a perdu de sa superbe décide de prendre les choses en main.
Après Le cabinet du diable, Céline Maltère signe son second volume dans la collection LoKhaLe qui atteint là sa dixième parution. Sa particularité : s’attacher à des lieux précis et à leur actualité, mais en l’agrémentant à la sauce fantastique. «Parce qu’une histoire se déroule forcément quelque part...». Après Moulins, Céline Maltère reste dans l’Allier avec la ville de Vichy qui fin d’année 1933 est toute tourneboulée par une découverte macabre et la présence d’un monstre qui, de simple blague au départ, devient réalité dans l’esprit des gens. Le moindre signe suspect étaye son existence, même si les battues ne donnent rien.
Toute cette agitation inquiète Marie-Évy Lieberman, une jeune fille habitant une villa sur les bords de la rivière et particulièrement proche des animaux. Elle trouve avec eux une amitié que lui refusent les autres filles. Son père et la gouvernante lui ont créé un havre de paix, un cocon la protégeant de l’extérieur, mais ce supposé monstre change la donne. Marie-Évy ne peut accepter que du mal lui soit fait. Que peut faire une enfant face à des adultes attirés par la possibilité de tuer un monstre réveillant leur instinct guerrier?
Et ce monstre existe-t-il ou non? Dans un certain sens oui, mais ce n’est pas celui que l’on croit. La fin le prouve de manière indéniable, rappelant de tristes souvenirs avec cette montée de l’antisémitisme, cette volonté de rejeter le moindre problème sur autrui avec des victimes toutes désignées.
Le monstre aquatique de l’Allier canalise toutes les rancœurs, il offre la possibilité pour certains de briller à nouveau, de revenir sur le devant de la scène, sans penser aux dommages collatéraux. Seules comptent la gloire, la mise en avant... l’humain dans toute sa médiocrité, préférant la colère à l’apaisement, l’action à la réflexion. Marie-Évy n’a que son innocence à opposer à cette escalade où le monstre est l’ennemi, celui qu’il faut abattre par tous les moyens.
Céline Maltère démonte toute cette mécanique, cet événement expliqué dans le dossier d’après roman «L’affaire du Monstre de l’Allier» par Fabienne Pouradier Duteil, car oui, toute l’affaire repose sur du sérieux, du moins une opération de pub qui a trouvé le terrain idéal pour gonfler. Parfois, les individus possèdent des œillères comme dans le cas présent. Il suffit de vouloir croire.
Dans Liviyatan, Céline Maltère développe admirablement cette affaire, lui apportant en la personne d’une jeune fille une profondeur supplémentaire, reflet d’une époque entre les deux guerres aux allures de cocotte-minute qu’un rien peut faire exploser. Le monstre existe bien, il est tapi dans ces pages d’une grande force.
Un numéro 10 qui fait largement honneur à cette belle collection de petits romans aussi distrayants qu’instructifs, car installés dans la réalité historique revisitée par le talent de ses auteurs et agrémentés à chaque fois par un dossier situant l’ensemble et présentant les acteurs de l’époque.

François Schnebelen

Liviyatan - Céline Maltère

La Semaine de l'Allier, 15 septembre 2021.

Liviyatan, roman de Céline Maltère.

Un monstre dans l'Allier en 1934. Le canular vichyssois.
Né dans l'Allier, le Liviyatan reste l'un des plus célèbres canulars bourbonnais. Une expo et une conférence lui sont consacrés ce week-end.
Dessins, photos, articles, en 1934 s'est déroulé un canular à Vichy: le Liviyatan, monstre de l'Allier.  Céline Maltère, auteure bourbonnaise, s'est inspirée de ce canular pour en tirer un roman intitulé «Liviyatan, monstre de l'Allier» à paraître dès ce week-end. «Dans ce roman, Marie-Évy, jeune juive, qui vit à la Villa Maire, au bord de l'Allier à Vichy, est amoureuse des poissons et de la nature. Elle veut à tout prix protéger le Liviyatan, um monstre haï et traqué par les chasseurs et les pêcheurs». Dans l'Entre deux-guerres, le Liviyatan est considéré par l'auteure comme une métaphore de la montée de l'antisémitisme en Europe. Dans l'ouvrage deCéline Maltère, la Vichyssoise Fabienne Pouradier Duteil revient sur cette fake news, dont les auteurs étaient des artistes et écrivains vichyssois connus tels que le graveur Paul Devaux et l'écrivain René Barjavel avec la complicité de journalistes du Progrès de l'Allier.4 À 5 MÉTRES DE LONGPendant l'hiver 1933-1934, le pont barrage, actuel pont de l'Europe, de Vichy n'existait pas. «La rivière encore sauvage laissait affleurer plusieurs îles, explique Fabienne Pouradier Duteil. À la place de La Rotonde, restaurant sur pilotis créé en1963, était établie, au-dessus d'un petit barrage à aiguilles, une passerelle facilitant l'accès des curistes à l'hippodrome et au golf. Au milieu des années vingt, deux restaurateurs profitent de cette aubaine:Baptiste Tinardon qui reprit, en 1926, le café-restaurant du Golf et des Courses au34 quai d'Allier, pour ouvrir ‘À la BonneCuisine”, et Robert Ricoux, au n° 28 dece même quai d'Allier.» Si le succès des deux établissements fut immédiat, ce ne fut que de mai à septembre, soit la durée de la saison. Pour compenser la baisse de clientèle en hiver, ‘À la Bonne cuisine' accueillait des banquets de diverses sociétés et associations.Et comme cela ne suffisait pas, pour attirer davantage de clients, le canular se met en place. Tout commence le 27 décembre 1933, Le Progrès ce l'Allier consacre un article au monstre du Loch Ness, soit-disant apparu quelques mois plus tôt en Écosse. Le 4 janvier 1934, le quotidien moulinois annonce en une, «photos» à l'appui, qu'un monstre semblable à été photographié à Vichy. «Le monstre parut se prêter au jeu en se montrant régulièrement à 13 h aux guetteurs... amis de Paul Devaux! Au fur et à mesure de ses brèves apparitions et de leur compte-rendu dans la presse, la description de la bête se précise: on parle d'une sorte de crocodile, moins long et plus large que le crocodile du Gange, avec une énorme tête triangulaire ou bien d'une loutre géante; mais toujours, des brumes, la pénombre ou les herbes hautes de l'île où l'animal se terre, empêchent la prise de photographies...» Le 6 janvier, Le Progrès relate que des monstres similaires ont été vus dans d'autres localités des bords d'Allier. Le journal L'Éclaireur indique que le monstre a attiré sur les bords de l'Allier plus de 1500 personnes: «Les deux cafés situés près de la passerelle regorgeaient de monde et si l'on en croit l'un d'eux, jamais ils n'ont autant travaillé depuis le Grand Prix.» «Le 10 janvier, l'affaire était close avec la publication du “déconosaure” dessiné par Paul Devaux et ainsi légendé: “Nous n'avons pu réussir à photographier le monstre. Mais Jean Chapouteux, qui l'a vu de près, à pu en faire pour nous ce croquis saisissant”, lisant sou journal et fumant la pipe, avec une bouteille de Beaujolais» (voir Dessin).

Denis Clervaux.



Liviyatan - Céline Maltère

Vue du Bourbonnais, septembre 2021.

Liviyatan, roman de Céline Maltère.

Céline Maltère réveille Liviyatan «Le Monstre de l'Allier»
Céline Maltère, professeure de lettres classiques en Bourbonnais, est déjà l'auteure de plusieurs recueils de nouvelles et de romans. On lui doit aussi des poèmes et des micronouvelles publiés dans différentes revues. Sa bibliographie vient de s'enrichir avec la publication d'un nouveau roman, Liviyatan le monstre de l'Allier (éditions La Clef d'argent — Littératures de l'imaginaire, collection LoKhaLe, 150 p, 9 €). Thème de son livre: L'histoire d'un monstre aquatique qui défraya la chronique vichysoisse, il y a près de 90 ans, et qui enflamma les imaginations. Mais il fit plus que cela, en faisant remonter bien d'autres peurs à la surface, de ces peurs qui allaient bientôt nourrir une bien plus terrible réalité... L'auteure qui, dans un précédent roman, avait exploré la Maison Mantin, à Moulins, revient cette fois sur ce fait divers survenu à Vichy durant l'hiver 1933, à travers l'histoire de Marie-Évy Lieberman, petite fille vivant avec son père dans la Villa Maire. Elle va se retrouver, malgré elle, témoin de la méchanceté humaine...
Céline Maltère aura l'occasion de présenter Liviyathan lors d'une conférence en compagnie de Fabienne Pouradier Dutheil, membre de la SHAVE. Ce sera à la médiathèque Valery-Larbaud, le 18 septembre, à 17h00, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Lors de cette conférence, Fabienne Pouradier Duteil reviendra sur la genèse et les arcanes de l'affaire dite du «Monstre de l'Allier», une affaire à laquelle prirent part le graveur Paul Devaux et d'autres personnalités de la vie culturelle vichyssoise de l'époque.


Liviyatan - Céline Maltère

Newsletter de l'Écran Fantastique, septembre 2021.

Liviyatan, roman de Céline Maltère.

La province et ses mystères. Liviyatan, le monstre de l'Allier. Céline Maltère.
Vichy, hiver 1933. Sur les bords de l'Allier, le cadavre retrouvé d'un pêcheur suscite la peur des habitants du coin. Et s'il avait été dévoré par un monstre? La traque peut commencer. Mais Marie-Évy Liebermann, jeune
fille juive de 11 ans qui vit avec son père Gidéon dans une grande maison surplombant la rivière ne comprend pas, elle passionnée par les animaux et proche de la nature, le déchaînement de haine qui déferme sur la ville.
Surtout que l'antisémitisme commence à s'en mêler. Publié dans la collection «LoKhale» de La Clef d'Argent, qui ressuscite en les romançant les faits-divers étranges ayant troublé les provinces françaises entre le XIXe siècle et le début du XXe, cette histoire troublée bénéficie du talent poétique de Céline Maltère, suivi d'un article circonstancié de Fabienne Pouradier Duteil, qui nous fait revivre l'atmosphère de Vichy à la veille de l'occupation.

Jean-Pierre Andrevon



Étranges floraisons - anthologie

Science Fiction Magazine n°110, février 2021. 

Étranges floraisons, anthologie de fantastique botanique dirigée par Jean-Pierre Favard, Philippe Gontier et Patrick Mallet.

Décidément, les femmes sont imprévisibles, les hommes aussi parfois. Flore ne voulant plus vivre avec son mari, ce dernier l'étrangle, simule un accident puis l'enterre dans le jardin. Comble de l'attention, dans le massif de roses que Flore adorait. Qu'à cela ne tienne, les roses se chargeront de rendre justice à cette amoureuse des fleurs par un étrange mimétisme… («Mon amie la rose», par Philippe Gontier).
Et si une main verte pouvait tout changer à la condition d'un enfant? Et si un sorcier pouvait vous révéler à vous-même en faisant de vous cet autre d'une espèce future, à part, redoutable, devant apprendre à maîtriser un très grand pouvoir? Voilà cette histoire en forme de transformation qui transfigure en grand guerrier un simple enfant de l'Afrique. Un enfant comme les autres somme toute. («Le Kuhu-Néré» par Pierre Brulhet).
Et il est également question de transformation dans «Canopée» de Patrick Mallet, L''humanité des siècles plus tard vient d'épuiser les dernières ressources de Terra IV. Terra V offrirait une large possibilité de repeuplement d'urgence, d'autant plus qu'un avant-poste humain s'y est déjà installé. Mais une navette d'exploration fait naufrage. Les survivants tentent de rejoindre le point de contact humain le plus proche, mais semblent avoir perdu leur chemin. Mieux, ils s'en éloignent, parallèlement à des Canopéens qui suivent un chemin mystérieux. Reprenant les vieilles trames de la SF au cinéma (Alien, 1979), l'auteur y apporte une superbe variation au sens où la métamorphose est ici signe de renversement de paradigme. Touchante allusion aux dramatiques épisodes de déforestation sauvage de par le monde cette nouvelle est comme un violent réquisitoire contre ceux qui veulent s'accaparer ou détruire ce qu'il ne méritent même pas de fouler de leurs pieds; ici la nature se venge, comme un alien, mais avec l'humanité dont semblent être à jamais dépourvus les hommes. Une belle remise en question de nos soi-disant humanités.
Dans «Automne» de Jérôme Sorre il n'est plus question de transformation ou de métamorphose, mais bien d'une pondaison. Une gamine qui s'éveille seule dans un abri. Un papa parti plus tôt afin de savoir si le grand dehors était redevenu habitable. Mais plus de nouvelles. Courageuse et curieuse, la gamine finira aussi par succomber à l'envie de sortir. Pour, une fois repris le chemin vers la maison toute proche connaître un sort similaire. Ici, la nature bien que prédatrice use de la même fonction que les hommes quand il s'agit de forcer les choses. Ce renversement est vécu comme une expérience presque mystique. Ou quand le règne s'inverse. Belle et touchante. Triste aussi, Mais ce sera probablement dans «Fantaisies botaniques de Mirgance et Aiquose» de François Fierobe que le lecteur assistera à l'ultime stade de cette nature omnisciente et omnipotente puisque dans un récit proche de l'évocation, pour ne pas dire du légendaire, la nature, que ce soit les fleurs ou les arbres, se fait presque mythe, pour ne pas dire déités à part entière. Dans le cadre utopique de deux villes consacrées à ces deux divinités que sont les arbres et les fleurs, les habitants vivent au contact intime avec ces dernières des expériences quasi religieuses où entre substitution mécanique et visions psychédéliques, la nature prend ici le pouvoir sur les esprits leur apportant bonheur et satisfaction. On pensera ici au «Monde Vert» de Brian Aldiss s'il n'y avait cette différence dans le fait que l'humanité n'est pas réduite ou assujettie, mais élevée. Et dans une relation qui n'est plus une illusion comme le produisent les religions, mais bien une sincère osmose, absolue et partagée. En un sens, ce texte est un chef d'œuvre. Les quelques autres nouvelles ici présentes sont toutes à remarquer. Que ce soit dans la difficile altérité et reconnaissance de sa propre différence (le magnifique «Sexburge» de Céline Maltère), dans la survivance de l'espèce par une mutation faisant allusion aux génocides passés («L'homme qui se prenait pour un arbre» de Laurent Mantese), ou dans la fataliste de « La grande offensive du printemps», par Stéphane Mouret, et sa guerre des mondes où la nature devient aussi dangereuse que le monstre de béton urbain, insidieuse et sournoise. Voire enfin dans le délicat sujet de l'indigène, où le vieux concept de cannibalisme se voit transfiguré par un rite de germination transcendant la condition humaine, dans le magnifique et terrible «Une belle plante» de Jean-Pierre Favard, tous ces textes mériteraient d'être lus et récompensés tellement l'originalité des thématiques et des styles pratiqués sont à la hauteur de l'entreprise. Une des meilleures anthologies de ces dix dernières années.
Enrichie d'une superbe introduction de Jean-Guillaume Lanuque, connu du milieu S-F et qui nous expose un remarquable tour du propriétaire dans cette catégorie mal connue des histoires de «fantastique botanique» éveillant chez le lecteur des souvenirs à la fois cinématographiques et littéraires, cette remarquable anthologie est en outre agrémentée de superbes illustrations intérieures que les éditeurs américains et autres envieront très certainement. Renonçant à tout amateurisme, Philippe Gindre nous prouve une fois de plus son immense savoir-faire et son talent dans cette nouvelle expérience éditoriale. Pari remporté haut la main. Cette anthologie est donc à marquer d'une pierre blanche. Car de par son professionnalisme et la passion qui la vivifie elle permet une fois de plus aux lecteurs de découvrir un nouveau pan de l'imaginaire par un livre aussi bon dans les histoires qui le composent que dans le travail graphique qui l'agrémente. L'un des meilleurs éditeurs du moment, et l'un des plus performants, au même titre que les éditions Callidor. Bravo!

Emannuel Collot

Étranges floraisons - anthologie

Galaxies n°69, janvier 2021. 

Étranges floraisons, anthologie de fantastique botanique dirigée par Jean-Pierre Favard, Philippe Gontier et Patrick Mallet.

Comme l'expose bien dans son excellente préface Jean-Guillaume Lanuque (par ailleurs maître d'œuvre de la série d'anthologies Dimension Merveilleux scientifique chez Rivière Blanche), le végétal fait partie depuis longtemps du corpus de la SF Ce ne sont pas moins de 38 références qu'il nous livre en notes, même s'il ne cite pas Moissons futures (anthologie de Daniel Conrad, La Découverte, 2005), ce qui prouve que le sujet est loin d'être épuisé, voire même étudié. De dangereux dans les anciens récits de l'imaginaire, le végétal abandonne la posture d'adversaire dans les œuvres plus récentes : la prise de conscience écologique est passée par-là ; on reconnaît maintenant que les plantes sont des êtres doués de sensibilité, capables de communiquer et dotés d'intelligence. Cette anthologie tombe donc à point nommé pour donner à son lecteur un florilège des rapports de l'être humain avec la nature.
La revanche de cette nature se lit dans des histoires d'horreur: «La Grande Offensive» du printemps de Stéphane Mouret (une belle qualité d'écriture) et l'effrayant «Automne» de Jérôme Sorre. «Mon amie la rose», est un récit policier bien mené, dans lequel Philippe Gontier s'attache à cette capacité de communiquer entre le monde végétal et le monde animal. Certains vont jusqu'à imaginer la symbiose entre les règnes, comme Laurent Mantese dans «L’Homme qui se prenaît pour un arbre» où Pierre Brulhet avec «Le Kulu-Néré», proche du conte africain, deux histoires fantastiques. Ou encore dans «Sexburge», de Céline Maltère, un récit de SF qui traite nommément de l'hybridation. Parfois, la nature se révèle si bizarre, si étrangère qu'elle va jusqu'à intégrer l'humain, non sans douleur, comme pour l'héroïne d’»Une belle plante», de Jean-Pierre Favard, que ce soit sur notre Terre, au sein de la jungle panamazonienne, ou sur une autre planète.
Dans «Canopée» de Patrick Mallet, récit de SF à suspense, un arbre doré domine une forêt, dont on se demande si elle pourrait être consciente. On songe ici au roman Esmeralda (éd. Hélice Hélas, 2018), de Bernard Fischli, qui traite du même thème.
Enfin les «Fantaisies botaniques de Mirgance et d'Aiquose», de François Fierobe, plonge lecteur et lectrice dans une suite de tableaux poétiques, sertis de mots rares et élégants; une fantasy poétique, onirique, propice à la rêverie, à la douceur; à l'art et à la musique. Un texte envoûtant, qui rappelle le style de Tanith Lee ou de Nath Ceryan Dau. Une réussite.

Jean-François Thomas

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Le saviez-vous? Vous pouvez télécharger librement les versions pdf des recueils d'Édouard Ganche, Le Livre de la Mort et L'Ordre de la Mort.


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