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Dossier de presse
 
Cette page contient notre dossier de presse pour l'année 2006.
Dossier de presse de l'année: 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018.

Parchemins & Traverses, 9 décembre 2006.

En relisant Jules Verne et Jules Verne, l'homme et la terre: Le centenaire de la mort de Jules Verne, en 2005, a vu fleurir des expositions : dans la capitale, à la Cité des Sciences ou au Palais de Chaillot, mais aussi, bien entendu, à Nantes et Amiens, sans oublier Caen, Brest ou encore Mons, en Belgique... Rien d'étonnant non plus à ce qu'à l'approche de cette date de nombreux ouvrages aient paru. Ainsi, Jean-Paul Dekiss a retracé «l'itinéraire» de l'auteur dans «Jules Verne : un humain planétaire», Textuel, 2005. Un collectif, sous la direction de Philippe de la Cottardière, «Jules Verne : de la science à l'imaginaire», Larousse, 2004, s'est focalisé plus précisément sur l'aspect vulgarisateur de l'Ïuvre. Michel Serre, qui dès la fin des années 60 exposait sa fascination pour «les Indes Noires», puis est revenu plusieurs fois sur l'auteur, a publié récemment son dernier ouvrage en date sur le sujet : «Jules Verne, la science et l'homme contemporain», Le Pommier, 2003..., où il entend montrer comment Verne «exprime triplement l'enchantement du monde».
«En relisant Jules Verne» et «Jules Verne, l'homme et la Terre», de Lionel Dupuy, deux ouvrages publiés chez La Clé d'Argent, s'inscrivent donc dans cette optique de redécouverte de l'un des grands auteurs de l'imaginaire francophone. Le point de vue que se propose de développer Lionel Dupuy est celui d'un géographe (c'est sa formation).
Le premier ouvrage annonce que son auteur va porter «un autre regard sur les Voyages Extraordinaires» (c'est son sous-titre) en effectuant une «analyse transdisciplinaire» de cinq romans : «Voyage au centre de la Terre», «le Tour du monde en 80 jours», «Le Château des Carpathes», «Vingt Mille lieues sous les mers» et «L'ële mystérieuse».
Bon nombre d'analyses sont intéressantes dans ces études extrêmement documentées. Malgré tout, certains points m'ont, comment dire?, laissé sur ma faim.
Pour «Voyage au centre de la Terre», L. Dupuy fait une démonstration réussie en exposant qu'ici le voyage spatial est aussi un voyage qui remonte le temps, puisque on va passer du XIXe à la préhistoire. Toutefois, je trouve curieux qu'il n'ait pas insisté sur l'étrange choix de Verne : puisque les voyageurs souterrains s'enfoncent vers le centre de la Terre, ils devraient aller à rebours des couches géologiques. Or dans le texte vernien, à mesure qu'on longe les strates, on part du Primaire pour aller ensuite vers les époques plus récentes, Secondaire puis Tertiaire... C'est vraisemblablement voulu. Mais L. Dupuy n'évoque pas du tout cet aspect «inversé». Autre point, l'opposition des connotations attachées aux deux volcans (Sneffels en Islande, Stromboli en Italie) n'est à mon sens pas assez développée. Parce que s'écartant du sujet? Oui, mais alors, pourquoi l'intégrer dans une étude «géographique»? C'est plus du domaine de l'analyse bachelardienne, telle que la réalise un Michel Serre... Quant à relever les «erreurs» verniennes, enfin, je n'ai pas trouvé cela des plus pertinents.
? Pour «le Tour du monde en 80 jours», là aussi, souligner qu'il s'agit d'une voyage dans l'espace ET dans le temps (avec l'image «tour du monde / tour du cadran» par exemple) me semble judicieux. Toutefois, de sympathiques analyses onomastiques (sur les noms Fogg ou Fix par exemple) ne tempèrent pas l'impression qu'il manque quelque chose. En effet, l'auteur annonce qu'il va se pencher sur «l'aspect de voyage initiatique», mais finalement, il développe assez peu et ne donne guère d'exemples.
? Plus satisfaisantes à mon sens sont les études du «Château des Carpathes», de «Vingt Mille lieues sous les mers» et de «L'ële mystérieuse». Alors, parfois, c'est un peu tiré par les cheveux (comme retrouver la connotation «patraque» dans le nom du Dr Patak). Mais de nombreux points de ces études nous font réellement porter un nouveau regard sur les textes verniens. La mise en relation des symboliques du château et du volcan, et l'exploration des hypotextes (comme dirait Genette ? L. Dupuy parle, lui, «d'intertextualité») dans la première. Dans la seconde, la mise en évidence de la dialectique «prison / liberté» et surtout cette remarque que Verne mesure les distances en lieues et non en miles, alors qu'il s'agit d'un voyage aquatique ? tout comme il décrit des paysages sous-marins à l'aide du vocabulaire de la géographie terrestre : là, on est bien dans l'approche d'un géographe. Enfin, dans la troisième et à mon avis la plus réussie de toutes, l'approche de L. Dupuy nous donne à voir des «colons», d'origines diverses (représentant donc l'humanité en «abrégé»), dont le débordement d'activité résume à lui seul les différents stades historiques de l'industrialisation humaine, et cela, sur cette île qui elle-même est un condensé géographique (et même «une fiction géologique»). L. Dupuy fait ressortir que l'utopie égalitaire selon Jules Verne nécessite un espace particulier. Et cela, effectivement, c'est porter un regard géographique sur l'oeuvre.
Globalement, donc, et malgré des passages pas complètement au point, l'ensemble est plutôt réussi. C'est moins le cas pour le second ouvrage.
«Jules Verne, l'homme et la Terre», fait explicitement référence à Élisée Reclus, l'un des grands géographes de la fin du XIXe (une des Ïuvres majeures de Reclus, parue en 1905, a pour titre «L'homme et la Terre»). Au départ, pour justifier ce titre, L. Dupuy établit que non seulement Verne et Reclus étaient amis, malgré des positions politiques opposées, le second étant plus que favorable au mouvement anarchiste, mais qu'ils avaient en outre une ambition similaire («dépeindre la Terre dans sa totalité»). Puis L. Dupuy, sur le même modèle que l'ouvrage précédent, développe cinq études de romans verniens. Il s'agit cette fois de «Cinq semaines en ballon», «Les Enfants du Capitaine Grant», «Les Indes noires», «Robur le Conquérant» et «Le Sphinx des glaces». Le projet, encore qu'il n'a pas été clairement énoncé, étant semble-t-il de faire un lien entre la géographie reclusienne et les textes verniens.
? Si, dans la première étude, L. Dupuy évoque bien, au cours d'un des sous-chapitres, le déterminisme géographique (le paysage façonne les activités humaines, ce qui est le credo de Reclus), il va aussi longuement développer dans la veine bachelardienne déjà évoquée : ce voyage en ballon sera l'occasion pour Joe, le domestique, de «s'élever» spirituellement ; la plongée dans un lac (métaphore du liquide amniotique) devient une renaissance, etc. L'analyse de l'aspect «initiatique» des romans de Verne, annoncée dans le volume précédent et qui n'était alors guère étayée d'exemple, est ici beaucoup plus concluante. Mais cela correspond-il vraiment à ce qui est annoncé par le titre?
L'examen de «Les Enfants du Capitaine Grant» reprend, en la développant, et en l'adaptant à un personnage précis, Paganel, une idée qui provient de Michel Tournier (cf. «Jules Verne ou le bonheur enfoui», 1991), en soulignant l'aspect donquichottesque du héros vernien, lequel s'en va vérifier dans la réalité géographique si ce qu'il connaît par les livres est bel et bien exact. Le savant de cabinet doit se faire homme de terrain.
D'autres notations sont pertinentes, mais insuffisamment développées : ainsi, l'omniprésence du «raisonnement analogique» chez Verne lui fait par exemple utiliser fréquemment la physiognomonie, très en vogue au XIXe (on décrit les hommes à partir de leur aspect physique). Il y a visiblement, dans l'esprit de Verne, une relation entre le milieu dans lequel ils ont grandi et l'aspect physique de ces hommes. L. Dupuy suit cette piste-là, pour montrer les «limites» de Verne, dont la pensée est parfois colonialiste ; il y a du «délit de sale gueule» chez le romancier, les autochtones de telle ou telle région ne sont pas montrés comme les égaux de l'homme blanc. Cependant, le lien avec Reclus n'est pas clairement fait (on n'a aucune citation du géographe, tout au long des pages où cet aspect-là est développé). Quant à l'analyse finale de cette recherche du capitaine Grant, montrée comme une allégorie de Verne naviguant entre ses deux pères (le biologique, et le spirituel, à savoir l'éditeur Hetzel), elle est frappante, certes. Mais correspond-elles vraiment au projet que sous-entend le titre général? Enfin, le passage (ô combien typique d'un géographe!) sur la confusion commune entre grande et petite échelle était-il réellement utile?
? Dans l'étude des «Indes noires», L. Dupuy reparle certes du déterminisme géographique chez Verne, mais brièvement, et sans développer. Un sous-chapitre titré «la condition du mineur selon Jules Verne» n'aborde jamais vraiment le problème, ni au sens social, ni au sens métaphorique (lequel est toutefois esquissé, mais à peine : la vie de l'homme entre deux univers, le fond de la caverne et la surface) ; l'ensemble finalement se révèle décevant. Pour ce qui est de l'analyse de «Robur le Conquérant», on a un faisceau de remarques sur Verne partisan du plus lourd que l'air ou des comparaisons entre Nemo et Robur, deux «anti-héros», mais c'est bien bref, et surtout, il n'y a plus une seule référence à Reclus. La dernière partie, enfin, consacrée au «Sphinx des glaces», revient sur un thème déjà énoncé dans les études qui portaient sur «Cinq semaines en ballon» et «Les Enfants du Capitaine Grant» : le voyage comme recherche des «sources», qu'elles soient géographiques, ou liées à l'histoire d'un humain en particulier (recherche du père). Alors, les commentaires sur l'arrivée au «sphinx magnétique», moyen pour Jules Verne de dépasser et ainsi de tuer le père (ici, Edgar Allan Poe) relèvent bien plus de la psychocritique que de la mise en relation entre les travaux d'un géographe, Reclus, et l'oeuvre d'un romancier, Verne.
Ce second ouvrage est beaucoup moins convaincant que le premier. Les deux dernières études notamment semblent avoir oublié toute référence à l'auteur de «L'homme et la Terre», si bien qu'on se demande un peu ce qu'elles font là, sous ce titre.
À ce problème fondamental de plan dans le second ouvrage, j'ajouterai une autre pierre d'achoppement, qui m'a bien souvent irrité au cours de ma lecture des deux volumes : la nette tendance de L. Dupuy à répéter plusieurs fois, à peu d'intervalles, quasiment la ou les mêmes phrase, quand il annonce une sous-partie, puis quand il la développe ou la conclut. Un exemple particulièrement net (ce n'est hélas pas le seul passage de ce style) :
* annonce de la sous-partie : «La détermination du docteur Fergusson dans son aventure est à la hauteur du nom du bateau qui les mène jusqu'à Zanzibar (...)».
* titre de la sous-partie (quatre lignes plus loin) : «Le Resolute ou la détermination affichée» * début de la sous-partie (juste après) : «La détermination du docteur Fergusson à l'égard du projet qu'il entreprend n'a d'égal que le nom donné au bateau qui achemine les passagers et leur matériel vers le point de départ : Le Resolute (littéralement : «le résolu», «le déterminé») (...)». («Jules Verne, l'homme et la terre», pp 44-45) C'est de la pure et simple auto-paraphrase.
Toutefois, et en dépit de ces faux-pas (surtout dans le second volume), les deux ouvrages regorgent d'informations, et de notations pertinentes. J'espère l'avoir bien fait sentir : leur lecture ne sera nullement une perte de temps, malgré les quelques écueils relevés.

P'tit Mot Terré

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Revue Jules Verne n°22-23, décembre 2006. 

En relisant Jules Verne: Lionel Dupuy conjugue une passion de toujours pour Jules Verne et son parcours universitaire pour nous proposer sa lecture des «Voyages Extraordinaires». L'intérêt de la démarche est double. D'une part elle fournit des clés d'interprétation très précises et détaillées de certains titres essentiels comme Voyage au centre de la terre, Le Tour du monde en 80 jours, Le Château des Carpathes, Vingt mille lieues sous les mers ou L'île Mystérieuse. D'autre part la méthodologie utilisée, en s'appuyant sur les recherches universitaires les plus récentes dans le domaine de l'écologie humaine, ne manque pas d'intérêt pour aborder le cycle vernien. On dispose ainsi de la sorte à la fois d'outils pédagogiques pour une première approche des romans, et de pistes de réflexion méritant approfondissement. Saluons donc, à la suite de Jean-Michel Margot et William Butcher qui collaborent aux deux ouvrages, cette contribution de qualité à la connaissance de l'oeuvre. Et signalons que Lionel Dupuy est en outre l'auteur d'intéressantes ressources verniennes en ligne.

Agnès Marcetteau-Paul

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Nervure - Journal de Psychiatrie n°8, novembre 2006. 

Jules Verne, L'homme et la terre: Jules Verne est surtout connu pour avoir été un auteur rationnel et scientifique. Sa réputation repose sur son esprit visionnaire de l'avenir des techniques. Mais il fut en fait aussi un grand «hallucinant» et l'on peut aisément comprendre que, chez lui, la science ne servit souvent que de prétexte, que de contrôle, au «délire» sous jacent partout dans ses textes. Pour les psychopathologues, son oeuvre fourmille donc d'une dynamique inconsciente qu'ils peuvent découvrir avec, de plus, le plaisir retrouvé de leurs lectures d'enfance. Lionel Dupuy, jeune auteur passionné qui devient, de plus en plus, une référence mondialeÊ«incontournable», comme on dit, au niveau de l'exégèse vernienne, le montre bien. Géographe de formation, il s'est attaché depuis plusieurs années à montrer comment sous la géographie officielle de Verne en court une toute autre, plus ou moins fantaisiste et, en tout cas, directement fantasmatique. En relisant Jules Verne. Un autre regard sur les Voyages Extraordinaires, son livre précédent, en avait commencé la démonstration. Ce volume, Jules Verne, l'homme et la terre, la prolonge. Pensons au Sphinx des glaces, roman atypique de Verne (1897), qui semble écrit comme une suite des Aventures de Gordon Pym, de Poe. Le héros, Hunt, y est aimanté par ce fameux Sphinx détenteur de secrets et qui semble attirer sa goélette de façon irrésistible. Hunt finira mort et collé à ce même Sphinx: on retrouve ici des accents dignes de Sophocle ! L'oracle tue ou est tué ; l'objet engloutit le sujet. Pensons encore aux Indes Noires, un roman un peu périphérique de Verne (1877): la mine, avancée scientifique et technique de l'homme s'il en est à cette époque, y est le lieu d'un drame aux accents mythiques. Des phénomènes inexpliqués y font de la terre, dont les entrailles sont vidées de ses filons carbonifères, une véritable mère symbolique kleinienne qui nourrit et engloutit ses fils. Bref, du Verne revisité et du bon.

M. Sanchez Cardenas

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Historiens et Géographes n°396, novembre 2006.

En relisant Jules Verne: L'auteur est à fois géographe, spécialisé en aménagement du territoire et diplômé en écologie humaine. Intervenant au CNDP, il s'est plongé dans une analyse transdisciplinaire de cinq des principaux romans de Jules Verne : Voyage au centre de la Terre, Le tour du monde en quatre-vingt jours, Le château des Carpathes, Vingt mille lieues sous les mers, L'ële mystérieuse. A travers ce volume, roman par roman, il nous livre le fruit de ses conclusions, de ses observations. Tout en évoquant les sources de l'auteur, pour le premier titre il insiste sur les deux éléments fondamentaux «l'espace» et le «Temps» - pour le second qu'il qualifie de «voyage initiatique» il a été à nouveau marqué par les mêmes éléments. Pour le troisième, il utilise l'expression de «à mi chemin entre science et fantastique» et insiste sur le fait que l'ignorance est source de crédulité. Pour lui Vingt mille lieux sous les mers est qualifié de «métaphore écologique» et démontre tout à la fois l'importance des mythes et la modernité, en même temps, de ce roman. Enfin il présente le dernier comme «une utopie d'un monde idéal». Chacune de ses démonstrations s'appuie sur des éléments précis, des citations, voir la construction de carte, de tableau. Si on lit chaque roman en suivant la démarche de l'auteur, on enrichit formidablement ce que l'on tire de l'ouvrage. Une démarche qui devrait faciliter un travail avec des élèves, je pense en particulier aux collégiens.

Mireille Mialot

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Francis Lacassin - Mémoires (extrait), octobre 2006.

En vertu du principe selon lequel seul est apte à traduire un auteur celui qui le fait par passion et non par besogne, je me tournai vers les jeunes commentateurs de Lovecraft. Comme tous les auteurs réprouvés, rebelles ou maudits, Lovecraft suscitait des zèles souvent excessifs. Il en fut ainsi au XIXe siècle avec les hydropathes d'Émile Goudeau ; avant 1914 avec les disciples-soldats autobaptisés «frères de la Rose-Croix», défenseurs du Sâr Péladan, auteur du Vice suprême et des Dévotes d'Avignon... Certains thuriféraires français de Lovecraft formaient un rempart d'ayatollahs allumés et de gardiens de la révolution armés jusqu'aux dents, prêts à dégainer contre tout blasphémateur osant une interprétation dissidente du dogme. Tout en reconnaissant leur dévouement même dévoyé, je préférais à ces énervés de la gâchette des lovecraftiens plus subtils, au jugement serein.
Parmi eux, ma sympathie allait à l'activité d'une modeste maison d'édition de Dôle, au nom également emprunté à une oeuvre célèbre de Lovecraft: La Clef d'argent. Dans sa revue semestrielle, le Codex Atlanticus, dans la série de mini-recueils Le Cri mécanique et dans des plaquettes (dont le goût raffiné accompagnait l'élégance des maquettes), l'intelligence des analyses ne laissait aucune place aux anathèmes et exécutions sommaires. Ces plaquettes illustrées par des artistes inspirés perpétuaient la tradition de la bibliophilie et permettaient à La Clef d'argent d'élever le débat. Plusieurs d'entre elles faisaient connaître au lecteur de Lovecraft l'oeuvre de ses proches amis, entre autres le poète et illustrateur Clark Ashton Smith. Mesure, érudition, bon goût désignaient Philippe Gindre comme un traducteur idéal. Il ne m'a pas déçu.

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Yozone, août 2006.

Jules Verne, l'homme et la terre: Lionel Dupuy avait déjà fait paraître, chez le même éditeur, un premier essai intitulé En relisant Jules Verne. Il aborde l'oeuvre cette fois sous un angle purement géographique, d'où le titre, hommage à l'ouvrage éponyme d'Elisée Reclus (1830-1905), éminent géographe, ami de l'écrivain et soucieux comme lui d'écologie. Il est l'auteur de cette belle maxime: «L'homme est la nature prenant conscience d'elle-même».
Sous cet angle donc, Dupuy analyse cinq romans de Verne.
La recherche géographique est évidente dans le premier, Cinq semaines en ballon: c'est celle des sources du Nil. Recherche intérieure aussi, avec la surprenante évolution des personnages de Fergusson et de Joe.
Autre recherche, celle du père, dans Les Enfants du Capitaine Grant, où Dupuy scrute le comportement du géographe Paganel, qui confronte enfin sa science livresque à l'expérience du terrain en une véritable quête initiatique.
Tout aussi centré sur la Terre, Les Indes Noires, oeuvre moins connue, relate un autre voyage, intérieur également dans le monde minier, à travers l'itinéraire d'une étrange jeune femme.
Bien plus célèbre, Robur Le Conquérant illustre les thèses antagonistes du plus léger/plus lourd que l'air, débat qui faisait rage en ces débuts d'aviation. Il défend aussi, et surtout, les inquiétudes de Verne quant aux éventuelles dérives d'une science mise au profit exclusif de l'intérêt égoïste.
Suite avérée aux Aventures d'Arthur Gordon Pym d'Edgar Allan Poe (comme le seront, bien différentes pourtant, Les Montagnes Hallucinées de Lovecraft), Le Sphinx Des Glaces relève, pour Dupuy, de «l'imaginaire géographique», caractérisé ici par l'univers éblouissant de l'Antarctique. Le thème de la recherche rejoint cette fois celui d'une nouvelle conquête: celle de la mort et de l'au-delà.
L'exploration, d'intérieure, devient spirituelle. C'est là tout le cheminement de Verne qu'explicite Lionel Dupuy dans cet essai pénétrant. Ces lectures croisées auxquelles il s'applique en apprennent beaucoup sur l'auteur de voyages qui sont peut-être encore bien plus extraordinaires que nous ne le pensions.

Bruno Peeters

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Terres d'écrivains, 30 juillet 2006.

Jules Verne, l'homme et la terre: «Les pays ont toujours été pour moi des hommes», écrit Lamartine dans Graziella. «Les lieux sont des personnes» confirme Proust dans Jean Santeuil. Les écrivains sont attachés aux lieux, et c'est la raison d'être du site www.terresdecrivains.com. S'il en est un qui leur est attaché d'une façon particulière, c'est bien Jules Verne, auteur, outre ses Voyages extraordinaires, d'une Géographie illustrée de la France et de ses colonies (1868) et d'une Histoire des grands voyages et des grands voyageurs (1878). Lionel Dupuy le montre dans un essai qui vient de paraître aux éditions La Clef d'Argent. Il ne s'agit pas ici d'itinéraires sur les pas des héros verniens à travers les continents (et jusqu'à la lune!), mais d'éclairer l'influence de la géographie sur l'oeuvre de l'écrivain et sur ses personnages, dont la plupart sont lancés dans des quêtes collectives de nouveaux continents et de territoires inconnus. Pour développer son analyse, Lionel Dupuy décortique cinq romans: Cinq Semaines en ballon, Les Enfants du capitaine Grant, Les Indes noires, Robur le conquérant et Le Sphinx des glaces. Il s'arrête également sur les relations entre Verne et Elisée Reclus, tous deux membres de la Société de Géographie de Paris dans les années 1860, et plus généralement sur l'état de la connaissance géographique dans la seconde moitié du XIXe siècle.

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La SAGO n°27, juillet 2006.
Bulletin d'information espérantiste. SAT-Amikaro, 132-134, bd Vincent Auriol, 75013 Paris, France.

Jules Verne, l'homme et la terre: Les lecteurs de La SAGO, qui ont été parmi les mieux informés l'année dernière sur l'attitude positive de Jules Verne et du grand géographe Élisée Reclus, l'auteur de L'Homme et la Terre, par rapport à l'espéranto, salueront sans doute la parution de cette nouvelle étude de Lionel Dupuy. Dans cet ouvrage, l'auteur souligne l'influence de l'oeuvre d'Élisée Reclus sur celle de Jules Verne, disparus l'un et l'autre en 1905, tous deux membres de la Société de Géographie. «La référence au géographe français Élisée Reclus, mort la même année que Jules Verne, est omniprésente dans l'oeuvre du romancier. Le titre du présent essai a ainsi été choisi en référence au monumental ouvrage publié en 1905 par Élisée Reclus: L'Homme et la Terre

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Les Chroniques de l'Imaginaire, juillet 2006.

Jules Verne, l'homme et la terre: Dans ce petit opus fort savant et intéressant, Lionel Dupuy examine Cinq semaines en ballon, Les enfants du Capitaine Grant, Les Indes Noires, Robur le Conquérant et Le Sphynx des Glaces, sous l'angle géographique. Certes, tout le monde sait que si Jules Verne a écrit des «Voyages Extraordinaires», c'est qu'il était passionné de géographie. Il n'empêche que l'apport de cet ouvrage est important en ce qu'il permet de sortir de l'image figée d'un auteur du XIXe siècle écrivant pour «instruire et divertir» un public majoritairement enfantin.
En effet, si on peut toujours - et avec quel plaisir ! -, le lire à ce niveau, rien n'empêche, plus tard, de lire avec agrément cette étude où, par exemple, Robur est présenté sous l'angle du solitaire niant l'autre, ce qui en fait un reflet de Nemo, et où la recherche des sources du Nil pourrait n'être qu'un prétexte, ou une allégorie, pour la découverte par un personnage de sa propre origine.
Ouvrage précieux pour les fans, Jules Verne, l'homme et la terre ravira également ceux, plus nombreux encore, qui gardent du vieux conteur un souvenir ludique teinté d'enfance.

Mureliane

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Sud Ouest, 10 juin 2006.

Géographe de l'imaginaire: L'homme est un récidiviste. L'année dernière, il a inscrit une première ligne à son casier littéraire pour le centenaire de la mort de Jules Verne. Un autre regard sur les Voyages Extraordinaires, fut une bouffée de fraîcheur dans le petit monde des «Jules-Vernistes». Une analyse de cinq romans du maître examinés à l'aune de la géographie. Un pas de côté dans l'approche trop souvent hagiographique de l'auteur à l'imagination mirifique. Lionel Dupuy veut lire plus loin. Car nous voilà face à «à l'exemple type de l'auteur mésestimé trop souvent cantonné à la littérature pour enfants. Prenez Edgar Alan Poe pour l'étrange, Victor Hugo pour le romanesque, et Elisée Reclus pour sa géopraphie, et vous avez Jules Verne.»
Reclus, le libertaire. Elisée Reclus, justement, le géographe et théoricien libertaire, qui séjourna à Orthez, traverse le deuxième opus de Lionel Dupuy. Il analyse l'incidence de son travail dans l'oeuvre de Jules Verne. Le livre intitulé : Jules Verne, l'homme et la terre. La mystérieuse géographie des voyages Extraordinaires, n'est pas anodin. Clin d'oeil au monumental à L'homme et la terre du géographe paru en 1905. D'ailleurs les deux contemporains ont eu le bon goût de passer à trépas, cette même année. « Inconstestablement Jules Verne a puisé dans son oeuvre. Il s'est nourri de cette dimension géographique qui va au delà de la simple description pour restituer les origines de l'homme, des sociétés, à partir de données historiques. Ce n'est pas le moindre des paradoxes de Jules Verne. Il est plutôt conservateur dans sa vie, pas dans ses romans où il se projette au travers des personnages. » Personnages expédiés dans une étrange géographie. Celle qui pécisemment intéresse Lionel Dupuy.
Géographie imaginaire. « Dans les romans de Jules Verne l'extraordinaire émerge lorsqu'il se détache de la géographie réelle pour aller vers une géographie imaginaire ». L'homme étant presque aussi curieux que disert sur le sujet, il a essayé de comprendre en analysant le passage de l'une à l'autre. Pour ce faire, il s'est penché sur Cinq Semaines en ballon, Les enfants du Capitaine Grant, Les Indes noires, Robur le Conquérant et Le Sphynx de glace. Hormis le premier, les autres ne comptent pas parmi les plus renommés. Et pourtant ils recèlent mille richesses. Lionel Dupuy donne une vision des plus rationnelles de la fantastique imagination de l'auteur : «Jules Verne n'est pas un inventeur. En réalité, il effectuait une veille technologique et extrapolait. Le propre de l'homme est devoir toujours plus grand. Un petit sous marin existait déjà, il en fait le Nautilus. Le voyage sur la lune s'effectue grâce à un canon parce que la fusée n'existait pas», explique-t-il.
Chacune des analyses, via le prisme géographique, fait écho à des interrogations contemporaines, pourtant déjà formulées au XIXe. Robur le conquérant sème la terreur par son savoir scientifique et technique. Une interrogation sur la toute puissance dans les mains d'un seul, thème que Kubrick adaptera avec son Docteur Folamour. Les Indes noires abordent avec un siècle d'avance le thème du développement durable... «Jules Verne n'est pas un visionnaire mais un fin connaisseur de l'âme humaine». Et Lionel Dupuy un fin connaisseur de Jules Verne.

Xavier Sota

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Crypt'O Goths n°5, mai/juin 2006. 
9 allée Honoré de Balzac, 59115 Leers, France.

Vilaines romances: L'Histoire: Après avoir affronté un mystérieux collectionneur de têtes dans un premier volume intitulé Chef d'oeuvre, les membres du club Diogène, des détectives nocturnes de l'étrange sorte de Mycroft Holmes à la française pour le moins singuliers et grivois, se retrouvent confrontés à d'étranges figures: une prostituée fantôme qui détrousse ses clients et une actrice ratée dont le soupirant trucide tous ceux qui ont le malheur de l'approcher. Et puis, ce qui fait avant tout l'intérêt du club Diogène, ce sont bien entendu ses membres. Tous ne se connaissent que sous leur pseudonyme. Réunis dans la suite 52 de la Tour du Tonneau, ils se retrouvent tous les soirs sous la houlette de Monsieur, créateur du club Diogène, pour le pur plaisir de résoudre des énigmes et de deviser de choses et d'autres. Il y a Vayec le dandy breton et Franklin, alters ego littéraires des auteurs, la naïve Lison dont Franklin est amoureux, Camille dite Cam et qui témoigne d'un fort penchant pour l'alcool. le russe Fedor, Le Maréchal vieux nostalgique du régime bonapartiste et le paillard insupportable D'Orville.
L'avis de la rédaction: Tout petit volume très soigné, semblant tout droit sorti de l'époque qu'il dépeint avec son papier couleur coquille d'oeuf et ses illustrations discrètes mais fort à propos. Une écriture remarquable, jubilatoire, délectable d'humour et de finesse que l'on croirait droit sortie de la plume d'un auteur de l'ère victorienne. Un véritable petit bijou. Une collection à se procurer d'urgence. Ce serait dommage de s'en priver.

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Fantastinet.com, mai 2006.

Vilaines romances: Le rythme et le style des auteurs rendent l'ensemble d'une lecture agréable, plaisante. L'histoire n'a rien de bien originale en elle-même mais la façon de la narrer la rend indéniablement sympathique.
Je ne parles même pas du format qui est une incitations à la lecture omniprésente.
Les illustrations ainsi que les dessins mis en fond de page lui donne une originalité fort plaisante... J'en regrette d'avoir manqué le premier Club Diogène!

Allan Dujiperou

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ActuSF.com, mai 2006.

Chef d'oeuvre: Le clan des sept en Fantastique historique
Les auteurs, Stéphane Mouret et Jérôme Sorre sont amis depuis toujours (ils sont nés dans la même maternité, ont été au même collège et lycée). La fac les a séparés (droit pour l'un, lettres pour l'autre) mais c'est lors de soirées de retrouvailles qu'ils créèrent «Le Club Diogène». Aujourd'hui chacun écrit des textes très différents, Jérôme Sorre rédige un «inessoufflable cycle de neurasthenic-fantasy» et Stéphane Mouret sème des textes un peu partout. Le Club Diogène continue néanmoins de les réunir, pour notre plus grand plaisir...
Le Club Diogène rassemble sept personnages foncièrement différents ayant tous un même point commun: l'envie de résoudre des intrigues insolites dans le Paris de la fin du XIXéme siècle. Seulement ces histoires ne sont étranges que par la manière de les résoudre des protagonistes. Un soir, Fedor, russe et féroce nihiliste, et Vayec, aristocrate cynique, se retrouvent dans leur quartier général, une ancienne suite délabrée de l'hôtel Impérial. A une table proche, Franklin, la tête pensante du groupe joue aux échecs. Arrive alors le Maréchal avec une seule idée en tête, retrouver la personne qu'il a croisée en train de voler des têtes guillotinées. Tous les trois, rejoints par Lison et D'Orville, couple des plus surprenants par la différence d'âge et de mÏurs, se dirigent alors, un soir d'hiver, vers la maison de Benjamin Lacurie, l'insolite collectionneur.
Ce premier tome est détonnant par l'atmosphère pesante et étrange du Paris du XIXème siècle qui ne va pas sans rappeler une certaine ambiance hitchcockienne. Ainsi Franklin aura une des plus belles peurs de sa vie en face de la folie plus ou moins maîtrisée du groupe et de l'amateur de têtes coupées. L'histoire est au départ assez classique mais tourne rapidement à l'insolite. Cela laisse au début perplexe mais on s'y fait très rapidement et on a hâte de voir ce qui arrive. Le ton est léger voire grivois avec les descriptions des nombreux orgasmes de Lison, les dialogues sont assez bien troussés et surtout les personnages sont surprenants. Les références historiques font sourire comme la description d'un jeune peintre de Provence, «il s'appelle Cézanne, c'est peut être un nom à retenir» ou encore un débat sur l'immensité de l'univers qui ne peut être que l'orteil d'un Titan. La vision de la science est celle du XIXème et ceci explique certainement aussi la manière qu'ils ont tous d'analyser les situations, l'atome n'était alors qu'une idée. A la fin de l'ouvrage, un descriptif des personnages permet d'apprécier à leur juste valeur leurs caractères légèrement déjantés.
Ce premier tome est donc une réussite et les illustrations, malheureusement trop rares, sont très représentatives de l'ambiance et donnent le ton au Club Diogène. L'éditeur, La Clef d'argent, petit éditeur bricolo mais exigeant, nous montre ainsi la qualité de son travail. A découvrir.

Marina Chabant

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Roland Fuentès, bloc-notes littéraire et artistique, 3 mai 2006.

Vilaines romances: voici enfin le deuxième tome de cette série écrite à quatre mains par deux amoureux du Paris fin dix-neuvième et des ambiances à la Conan Doyle. Ce n'est pas un hasard si Stéphane Mouret et Jérôme Sorre pointent aux éditions de la Clef d'Argent, qui savent si bien mettre en valeur, dans de petits livres délicieusement rétros, les enquêteurs du paranormal et autres investigateurs de l'étrange.

Le club Diogène, c'est ce clan des sept devenu adulte, à l'affût d'affaires sombres et si possibles bien malsaines pour tromper l'ennui. Dans ces deux récits, nos enquêteurs de l'étrange suivent la trace d'une prostituée fantôme («Un péché presque de chair»), puis de cet admirateur qui assassine les amants de son actrice préférée («Les Passions confessées»). Les thèmes ont beau être classiques, ce qui frappe dans cette série, ce sont les personnages, leur humour et leur flegme très british, leurs petites manies délicieusement horripilantes. On retrouve un mélange de loufoque et de noirceur, d'insolite et de dérision qui rappelle d'autres livres des mêmes éditions (notamment la série des Coolter et Quincampoix). Quant aux illustrations de Fernando Goncalvès-Felix, elles sont tout simplement sublimes ! Ce n'est pas un hasard si, après avoir découvert son coup de crayon dans les ouvrages de La Clef d'Argent, nous l'avons aussi embauché pour illustrer Salmigondis...

Bref, on espère lire bientôt le tome trois de la série.

Roland Fuentès

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LeFantastique.net, mai 2006.

Vilaines romances: deuxième volume des aventures du «Club Diogène», composé de deux nouvelles très différentes, mais dont les intrigues tournent autour de deux femmes : une prostituée et une vieille actrice. Dans «Un péché presque de chair», les membres du club enquêtent sur une escroquerie dans laquelle une jeune prostituée vole l'argent de ses clients. Rapidement, Vayec prend tout cela trop à coeur, tout en découvrant que le surnaturel guette derrière le visage éthéré. La chute est apocalyptique. Un personnage de psychopathe hante « Les Passions confessées », menant les membres du Club Diogène sur une bien étonnante et inquiétante piste qui pourrait remettre en cause l'existence même de leur association.

À travers ces deux récits, les auteurs renouent avec un fantastique «fin de siècle», mélange de dandysme, de surnaturel et de décadence. Les personnages, archétypaux, virent parfois à la caricature, entraînant pour un ou deux un phénomène de rejet, mais cela participe à l'atmosphère générale, qui cherche à nous plonger au coeur des intrigues. L'ensemble se lit avec intérêt. Le style est plutôt agréable, même s'il est parfois un peu sec et pourrait coller à la démesure de certains personnages. Une bonne production de cette petite maison d'édition sympathique qu'est La Clef d'Argent. A quand la reprise du Codex Atlanticus?

Denis Labbé

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Le Progrès n°, Dimanche 17 avril 2006. 
Édition du Jura.

   Littérature fantastique : les «Vilaines romances» du Club Diogène. «Vilaines romances»: tel est le titre du dernier opus édité par la maison d'édition doloise «la Clef d'Argent». Paraphés par Stéphane Mouret et Jérôme Sorre, deux vésuliens aimant flirter avec les idées sexy de la folie et de la mort. C'est le second ouvrage d'une série de sept volumes planifiés des aventures du club Diogène. Le premier de la série, «Chef d'oeuvre», mettait aux prises les membres du club avec un curieux collectionneur. Dans ce deuxième volume, Vayec, «le minet du club», apprend à ses dépens qu'on ne courtise pas impunément une prostituée fantôme, surtout si son ancien amant était un marin au long cours... Ayant pour cadre le Paris de la fin du XIXe siècle, le club Diogène invite le lecteur à partager les investigations nocturnes de ses membres, motivés par un mélange d'ennui, de cynisme et de jobardise.

Xavier Ducordeaux

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Scifi-universe.com, 10 avril 2006.

Chef d'oeuvre: J'ai découvert le Club Diogène en premier lieu avec le second tome Vilaines Romances. J'ai été enchantée par les deux histoires qui le composaient et c'est avec une réelle joie que j'ai pu lire le premier tome Chef d'oeuvre que j'ai dévoré en une seule journée! Celui-ci est d'ailleurs beaucoup plus sombre et plus cynique que Vilaines Romances et il a des accents de certaines nouvelles de l'indicible Lovecraft. C'est également l'ouvrage où le lecteur apprendra à connaître les 7 personnages principaux qui sont tous extrêmement impulsifs et atypiques. Des personnages qui nous causent de l'émoi et nous entraînent dans de petites enquêtes rondement menées avec des dialogues complètement farfelus. On se demande comment ils font à se supporter et nous comprendrons ultérieurement que des sentiments égaux les lient étroitement, car ils peuvent dès un coup d'oeil se comprendre.

Donc nous voici en compagnie des 7 membres - Vayec, Franklin, Fédor, le Maréchal, d'Orville, Cam et Lison - du Club Diogène qui partent allégrement en vadrouille vers une destination des plus étranges et à la rencontre d'un homme, qui d'après Le Machéral, a un loisir fort singulier. Celui-ci se nomme Benjamin Lacurie et il aime à collectionner les têtes! Ce sera le pauvre Franklin qui en fera les frais puisque possédant un chef (une tête) des plus merveilleux - tel un chef oeuvre comme le fera si bien remarquer Lacurie - il aura bien du mal à se dépêtrer dans les affres de cette convoitise abominable. Pourtant, ces compagnons ne le laisseront pas tomber et avec une fougue toute d'absinthe imprégnée ils seront aptes à lui venir en aide!

En ce qui concerne l'édition du présent ouvrage, nous retrouvons en moindre quantité, que dans Vilaines Romances, les excellentes illustrations de Fernando Goncalvés-Félix qui nous paraîtront bien plus sombres et plus morbides. Ce qui concorde très bien avec le ton de Chef d'oeuvre Nous aurons également toujours la chance et pour le plaisir des yeux de débuter chaque lecture d'un nouveau chapitre par une ténébreuse lettrine représentant un ou plusieurs squelettes formant une lettre. De plus, en fin d'ouvrage, nous avons la possibilité de découvrir les «charmants» visages de tous les membres de ce club de l'étrange munis d'une mini-bio décrivant leur caractère et une mini-bio explicative sur ce Club Diogène où même les chiens (et chiennes) sont autorisés!

En conclusion: Il n'y a pas à dire en lisant les aventures rocambolesques du Club Diogène on ne s'ennuie jamais! On rigole, on frissonne et on aime tellement les personnages qu'on a du mal à s'en séparer et même l'abominable d'Orville arrive à nous paraître attachant! Les deux auteurs, Jérôme Sorre et Stéphane Mouret, nous captivent avec ce présent tome grâce à des dialogues complètement farfelus, des situations limites cavalières entourées d'une atmosphère penchant délicatement vers le cynisme! Les aventures du Club Diogène sont peu conventionnelles et nous lecteurs sommes captivés par tant d'adresse littéraire.

Lucie M.

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Yozone, avril 2006.
 

Vilaines romances: Une mystérieuse et belle prostituée séduit le chaland embourgeoisé avant de le détrousser et de disparaître comme par enchantement. Rien de très grave à tout cela si tout d'un coup, les cadavres ne venaient s'empiler sur le lit des ébats inaboutis. Une actrice dont les charmes physiques impressionnent beaucoup plus les spectateurs et la critique théâtrale que son talent, semble victime d'une étrange malédiction. À chaque fois qu'un homme tombe amoureux d'elle, le même assassin surgit dans l'instant et trucide le malheureux Roméo.

Deux énigmes insolubles pour le commun des mortels mais pas pour les membres du Club Diogène et pour Vayec en particulier.

Deux nouvelles («Un péché presque de chair» et «Les Passions Confessées») fleurant bon l'ère victorienne -- ou plutôt la Troisième République puisque tout se passe à Paris -- composent ce
Vilaines romances, deux aventures fantastiques «à la manière de», un exercice de style forcément jubilatoire.

Évidemment, le clin d'oeil Holmésien n'échappera pas à l'amateur puisque Le le Club Diogène renvoie notre imaginaire romanesque à ce bon vieux Mycroft Holmes, frère du célèbre Sherlock, le premier enquêteur «logique» de l'étrange. Néanmoins, choix géographique des auteurs, il ne s'agit ici que des exploits d'une succursale parisienne comptant sept membres: Les jumeaux, Vayec (l'aristocrate provocateur) et Franklin (l'érudit romantique), le Maréchal (le doyen bonapartiste de la bande), Fédor (le nihiliste qui cultive un fort accent russe), D'Orville (qui ne fait pas grand-chose mais le fait bien), Camille (une élégante qui cultive la discrétion et la dive bouteille), Lison (l'ingénue au fort pouvoir érotique) et Monsieur (créateur du Club dont personne ne connaît l'identité réelle).

Si «Un péché presque de chair» joue sur un registre classique une histoire de fantômes vengeurs et délivre une enquête fantastique bien menée, «Les Passions Confessées» fait les bordures du genre en ne choisissant pas entre rêve et réalité la solution d'un récit troublant.

Stylistiquement marquées, la narration et l'écriture renvoient le lecteur tout à la fois vers des plaisirs passés mais encore vivaces (Conan Doyle, Jean Ray, le roman feuilleton mais aussi vers le roman fantastique d'inspiration gothique) et vers un humour sous-jacent permanent: faire sérieux sans se prendre au sérieux, convaincre et susciter l'étrange sans renier le propos volontairement parodique de l'entreprise.

Tirage limité à 1000 exemplaires, beau papier, illustrations réussies de Fernando Goncalvès-Félix, vrai format de poche, trouvailles iconographiques et typographiques, les éditions de La Clef d'Argent, bien connues des amateurs pour d'autres publications et tout particulièrement pour l'anthologie fantastique annuelle du Codex Atlanticus, éditent parfaitement les aventures du Club Diogène.

Les amateurs de la période littéraire concernée (de 1871 à 1914, c'est expliqué et précisé dans la préface) se retrouveront totalement dans ce petit ouvrage. Les lecteurs curieux passeront un bon moment et ne devraient pas regretter les 12 euros nécessaires à l'acquisition.

Une jolie petite surprise, témoignage à verser au dossier et au crédit des éditeurs indépendants scrupuleux, passionnés encore par le plaisir d'éditer des livres qui prennent les chemins de traverse.
 

Stéphane Pons

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Noosfere, 3 avril 2006.

Vilaines romances: connaissez-vous le Club Diogène, dont les premières aventures avaient été narrées dans un volume inaugural modestement appelé Chef d'oeuvre? Non? Eh bien, réparons cet oubli. Le Club Diogène, donc, est une assemblée de sept personnes hautes en couleur, auxquelles on fait appel pour résoudre toutes sortes d'énigmes, dussent-elles conter fleurette au fantastique. Le cadre en est le Paris de la fin du XIXe siècle, et plus exactement entre 1871 et 1914, la série étant d'ores et déjà planifiée sur sept tomes s'étendant sur cette période.

Au sein du Club, les membres sont différenciés: il y a Vayec, le bellâtre breton; D'Orville, qui s'ingénie à provoquer les autres par sa vulgarité; la jeune et naïve Lison; Fédor, plus russe que russe; Camille, désabusée et alcoolique; Franklin et le Maréchal, qu'on ne rencontrera pas dans ce tome; et enfin Monsieur, qui ne fait pas à proprement parler partie du Club, mais lui confie régulièrement des missions à accomplir. Tout ce beau monde est ici convoqué pour lever le voile sur deux mystères: celui de la prostituée fantôme et de l'inconnu qui tue les uns après les autres les prétendants d'une actrice de théâtre.

Ces nouvelles délicieusement troussées fonctionnent davantage pour leur charme rétro et leurs personnages truculents que pour leurs intrigues, finalement assez banales. Cela n'empêche pas les textes d'avoir un impact dramatique certain, lié à la sympathie que nous inspirent ces personnages, qui bien souvent subissent plus qu'ils ne décident de leurs actes. Aussi referme-t-on ce court livre (cent quarante pages petit format) avec l'envie de retrouver au plus vite le Club Diogène.

Bruno Para

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Scifi-universe.com, 1er avril 2006.

Le Club Diogène de nouveau réuni... en partie!

Vilaines romances est le second tome des aventures nocturnes du terrible Club Diogène. Ce Club de l'étrange est composé de 5 hommes et deux femmes cachant leur véritable identité sous des pseudonymes divers. Il y a Vayec, Franklin, Fedor, Lison, Camille (dite Cam), Le Maréchal et l'horripilant D'Orville. Tous se retrouvent chaque soir sous la houlette du mystérieux Monsieur, le créateur du Club Diogène. Tous ennuyés par les vicissitudes de leur vie quotidienne ils viennent, dès la nuit venue, dans la suite 52 de la rue du Tonneau pour s'adonner à des enquêtes plus que trépidante.

Dans ce second tome, Vayec sera au centre des élucubrations burlesques du Club. Dans «Un Péché presque de chair», il tombera amoureux d'une créature toute vaporeuse et aura bien du mal à se dépêtrer de ses charmes ainsi que de son fougueux amant. Bien sûr aidé par ses acolytes, ils devront faire face à des situations complètement extravagantes avec de plus deux de leurs membres absents, Franklin l'alter ego de Vayec et l'impérieux Maréchal. Puis dans «Les Passions confessées», il devra reconnaître que Monsieur n'est autre que l'ignoble assassin que lui décrit avec ferveur et épouvante la belle Mademoiselle Raskol, une actrice en voie de devenir complètement folle.

Le Club Diogène est né de l'imagination de deux auteurs Stéphane Mouret et Jérôme Sorre. Avec humour et emphase, ils nous décrivent les aventures surnaturelles de ces 8 personnages aux forts caractères dans un Paris fin 19 siècles. Les personnages, dont j'ai cité les pseudonymes plus haut, sont tellement bien pensés et tellement bien construit qu'il nous est impossible de les laisser aller après la fin de note lecture. Tous aussi burlesques les uns que les autres nous arrivons à les apprécier et certains d'entre eux nous font tellement rire qu'ils en deviennent presque plausibles.

Le roman contient 140 pages illustrées d'admirable façon par Fernando Goncalvès-Félix. Au détour de notre lecture, nous pouvons apercevoir ces dernières en pleines pages, en vignettes formant des lettres commençant chaque paragraphe et de-ci de-là incrustées dans le paragraphe même. Une excellente édition au format atypique et à la qualité du papier extraordinaire. Un très bel ouvrage venant des éditions La Clef d'Argent.

En conclusion: Un petit bijou orchestré avec malice et savoir-faire littéraire par Stéphane Mouret et Jérôme Sorre contenant de magnifiques illustrations réalisées par Fernando Goncalvès-Félix. On dévore ce petit roman au charme suranné avec plaisir accompagné de nombreux éclats de rires.

Requiem

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Le Journanal de Markus Leicht, 30 mars 2006.

Vilaines romances: Les éditions de La Clef d'Argent publient des petits bouquins fantastiques. Aussi bien des classiques, Clark Ashton Smith, Lovecraft, que de jeunes auteurs.

Vilaines romances présente deux aventures du Club Diogène, par Stephane Mouret et Jérome Sorre. Le plus intéressant des deux récits est le premier. Vayec et les membres du club y sont confrontés à une prostituée fantôme. L'histoire est classique, sans surprise. La première moitié en est même un peu longue, les personnages pas toujours convaincants (je pense en particulier à Beaupré), mais à partir du moment où nous entrons réellement dans la partie fantastique du récit, celui-ci trouve son rythme. La seconde histoire, «Les Passions confessées», tourne une fois de plus autour de Vayec, en proie aux délires de l'opium. Il manque à ces deux récits, pour être totalement convaincants, cette petite dose de sensualité qui auraît ajoutée une dimension supplémentaire à la part d'irréel qui baigne ces aventures.

On devine chez les deux auteurs une passion pour les histoires fin du dix-neuvième et début du vingtième siècle. On pensera en particulier à Jean Lorrain, mais nous pourrions appeler au rendez-vous bien d'autres décadents. Dans le second récit, on retrouve jusqu'à la façon dont les auteurs de cette époque décrivaient les effets de l'opium (plus fantasmés qur réalistes - on est souvent plus proche des effets de certains psychotropes que de ceux du pavot). Et si l'ombre de Sherlock Holmes ou de Jules de Grandin plane sur nos détectives, le Club Diogène n'est pas sans rappeler d'autres groupes d'enquêteurs, comme les Veufs Noirs d'Isaac Asimov. En moins mysogyne puisqu'ici on accepte les femmes.

Quand au mystérieux «chef» dont on ignore tout, - il pourrait bien être le Malin lui-même -, c'est devenu un des classiques de la littérature populaire (dont on trouve encore aujourd'hui des développements dans l'univers des comics américains : Secret Six, Planetary - sans doute la série qui joue le mieux des différents aspects du roman populaire - ...)

En fin de compte un petit livre sympa qui nécessiterait un peu plus d'écriture. Mais bon, on sait qu'en tant que lecteur je suis difficile sur ce point.

Vilaines romances est le second titre d'une série qui en comprendra sept.

Markus Leicht

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Les Chroniques de l'Imaginaire, 28 mars 2006.

Vilaines romances: Revoici de nouvelles aventures pour le Club Diogène, enquêteurs la nuit pour combattre l'ennui de leurs vies diurnes. Les sept amis cyniques et drôles sont de retour pour deux affaires où l'amour a une place primordiale.

Dans «Un péché presque de chair» Vayec, le minet du Club, toujours un peu dépressif, va tomber amoureux. Mais le hic est que l'élue de son coeur et de son corps est une prostituée ... et qui plus est fantôme! C'est en enquêtant sur les faits pour le moins étranges qui se déroulent dans la rue ou elle officie qu'il va la rencontrer et continuer à la voir. Autre problème venant contrecarrer leur amour c'est l'ancien amant de la jeune fille, fantôme lui aussi de son état. Le Club Diogène va bien sûr venir au secours de Vayec qui risque sa vie face à l'amant et rendre la paix de l'âme aux amoureux séparés par la mort.

Avec «Les passions confessées» le Club Diogène a affaire avec une chanteuse sur le retour qui voit tous ses prétendants mourir en duel face à un amoureux éconduit qui se trouve toujours là quand elle doit rencontrer son homme du moment. Ce meurtrier d'amants ressemble étrangement à Monsieur, le créateur du Club Diogène... Il n'en faut pas moins pour titiller la curiosité de nos amis.

Stéphane Mouret et Jérôme Sorre ont repris du service ensemble pour nous donner de nouvelles aventures burlesques des «adhérents» du Club Diogène. Voici trois ans ils nous avais mis l'eau à la bouche avec le premier volume de cette série (Chef d'oeuvre) initiée par les éditions de La Clef d'Argent et c'est avec plaisir que j'ai lu ce petit roman, petit mais costaud car en peu de pages le lecteur rit, pleure, tombe amoureux et veut lui aussi défendre la belle. C'est avec impatience que j'attends la suite de leurs aventures!

De plus, et comme tous les ouvrages de La Clef d'Argent, celui-ci est de belle facture et joliment illustré par Fernando Goncalvès-Félix.

Arsenik_
Les Chroniques de l'Imaginaire, 22 janvier 2006.

Chef d'oeuvre! Non ce n'est pas un titre prétentieux voulant dire que ce texte est un chef d'oeuvre  C'est simplement qu'il est question d'une oeuvre concernant les chefs. Pas votre chef de service acariatre mais celui que couvre votre béret.

Le Club Diogène, pour sa première aventure publiée, se trouve face à un étrange collectionneur! Benjamin Lacurie collectionne les têtes... Il a été surpris par Le Maréchal, marchandant les têtes des décapités avec le bourreau. Cette histoire attise la curiosité des membres du club avec lesquels nous allons faire connaissance. Les voilà donc parti tous les sept sur les traces du collectionneur de chefs.

Un premier tome permet de rencontrer les membres du Club Diogène, de cerner leurs caractères et de comprendre que les histoires étranges et mystérieuses de Paris sont leurs hobbies nocturnes (leurs activités diurnes ainsi que leurs véritables identités restent le secret de chacun). Un texte court (133 petites pages) mais dense où les auteurs Stéphane Mouret et Jérôme Sorre ont su avec talent poser leurs personnages, les rendre attanchant tout en créant une histoire étrange et drôle à la fois.

Une nouvelle série pour les éditions de La Clef d'argent où nous pouvons être sûr que les aventures des membres du Club Diogène seront aussi palpitantes que celles des aventuriers de l'étranger j'ai nommé Coolter et Quincampoix.

Arsenik_

Dossier de presse de l'année: 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018.
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