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Dossier de presse
 
Cette page contient notre dossier de presse pour l'année 2008.
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Phénix-Web, 29 décembre 2008.

Les Jardins de Klarkash-Ton, essai de Philippe Gindre: Les éditions de la Clef d'argent poursuivent leur exploration de l'univers de Clark Ashton Smith. Après Les Mondes perdus, par Jean Marigny, commentés ici-même, voici donc Les Jardins de Klarkash-Ton.
Dans un petit opuscule de 41 pages, Philippe Gindre, grand spécialiste et traducteur de l'auteur, et responsable du site www.klarkash-ton.org nous détaille avec délectation cette 'horreur végétale' si caractéristique des récits fantastiques du Maître d'Auburn. Il distingue ces hybrides monstrueux en symbioses végétal/entité mauvaise et végétal/humain.
Dès les premières oeuvres telles «Le démon et la fleur» ou Le mangeur de haschisch, la plante maléfique fascine. Pour culminer dans l'une des nouvelles les plus belles -- et les plus connues -- «Le Jardin d'Adompha» (1938). Souvenons-nous: le mage Dwerulas 'garnit' le jardin de son roi: «Des membres et des torses entiers avaient été unis à des arbres monstrueux. Certaines des immenses fleurs en forme de plateaux soutenaient des coeurs palpitants et d'autres, plus petites, avaient pour centre des yeux qui s'ouvraient et se fermaient encore entre leurs cils. Et il y avait d'autres greffes, trop obscènes ou repoussantes pour être décrites...». L'horreur végétale à l'état pur. D'autres nouvelles encore porteront cette empreinte terrible comme «L'Empire des nécromants» ou «Le Labyrinthe de Maal Dweb». Allant toujours plus loin, Philippe Gindre a ce joli titre «Exobotanique de l'extrême» pour aborder les textes de Smith relevant de la SF, tels «La Semence de Mars» et son dieu-plante enserrant toute la planète rouge, ou «Abandonnés dans l'Andromède» avec son hydre de trente mètres de long.
Tous ces êtres 'créés' par Smith sont soit naturels, soit artificiels, adorés ou condamnés, et se souviennent tant d'un certain romantisme que de la littérature décadente (Gindre cite Huysmans, par deux fois).
Des notes éclairantes et une bibliographie succincte complètent cette passionnante étude.

Bruno Peeters

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Missives n°251, décembre 2008.

Le Passage, recueil de Sylvie Huguet: Dans un précédent recueil, publié sous le titre évocateur de La mosaïque du fou, Sylvie Huguet nous avait plongés dans un monde dérangeant où se côtoient raison et folie sur lequel planent en permanence le rejet d'une réalité insupportable et la vision d'un monde idéal que nous pourrions retrouver dans un état second même si la mort devait l'accompagner.
Aujourd'hui, elle nous offre un autre ensemble de onze nouvelles toutes marquées de cette empreinte angoissante mais où prédomine, face à une réalité décrite sans indulgence dans un style d'une remarquable pureté et d'une rare force évocatrice, la lumière de rêves merveilleux dans des paysages idylliques, souvent nordiques, peuplés d'une faune ignorant la cruauté.
Le premier chant, pourrait-on dire, celui qui donne son nom au recueil, Le Passage, reprend la thèse familière à l'auteur et nous plonge dans un rêve illuminé. Le rêveur, qui passe chaque jour devant la façade vitrée d'un immeuble, voit s'y refléter le vol des oiseaux or l'image de certains ne réapparaît pas. L'oiseau manquant a-t-il été aspiré de l'autre côté du passage «vers un autre monde dont il restera à jamais prisonnier»? À partir de cette image, on devine que le rêve continue comme «une griserie triomphante» que nous voudrions partager. Mais la narratrice nous fait replonger dans notre pauvre humanité et fait avouer à son héros : «je suis parvenu au-delà du bonheur et de l'ennui et s'éloigne de moi le souvenir des émotions impures».
Ici, l'auteur explore à nouveau, comme l'écrit un de ses présentateurs, «la frontière ténue entre la réalité et un monde dans lequel on peut se perdre... ou se sauver»; dans un premier recueil, Sylvie Huguet mettait en scène, très souvent, la folie et le mystère de la mort; elle donnait une image saisissante du mécanisme progressif de la démence aboutissant à faire éclater la raison en une impressionnante mosaïque, «la mosaïque du fou».
Aujourd'hui, les envolées nous paraissent, comme «Le passage», plus apaisantes. Deux d'entre elles, en particulier, nous émeuvent alors même que leur conclusion tragique soit attendue. Il s'agit, pour la première, «La marée», d'une fillette subjuguée par le mouvement des flots marins à la marée montante; elle entend les appels de Mercure et des «chevaux de mer» et finit par céder à leurs appels enchanteurs. Le second, «Le regard» nous décrit un vieil homme qui veut attendre la mort face à un tableau représentant un lynx dont le regard le fascine, lui fait revivre toute sa vie et le délivre de toute angoisse.
Ainsi, lorsque le «passage» est parfois payé par la disparition de celui qui voudrait regarder le soleil en face, pour reprendre une image connue, ces nouvelles échappées poétiques nous touchent, vivement parfois, quel que soit notre âge.

Didier Douarche

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Atemporel.com, 9 décembre 2008.

Caviardages, recueil de Timothée Rey: Sept nouvelles fantastiques dont trois inédites: «Caviardages», qui ouvre le bal et donne son nom au recueil, «L'étude» du soir et «Chambre d'écho». Sept nouvelles, sept histoires très différentes et très bien écrites. Ma préférence va cependant à la nouvelle «Dans la galette» pourtant déjà publiée dans le 16e opus du Codex Antlanticus (et pourtant, avec le temps, j'ai encore été surpris et le texte ne me paraissait pas si familier ;-).
Une nouvelle fois la réalisation est soignée (papier de qualité, mise en page sobre mais réussie) et la couverture de Sébastien Hayez nous plonge dans une ambiance pour le moins étrange, dans un style assez proche de celui d'Edgar Allan Poe (les puristes du fantastique apprécieront).

Laurent Delin

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Librairie Soleil Vert, 6 décembre 2008.

Caviardages, recueil de Timothée Rey: Publié dès 2006 dans les revues AOC et dans Géante Rouge, on retrouve Timothée Rey, en 2007 dans le premier numéro de la revue Monk dans lequel il publie «Maître Sonaelq est de sortie» où ce dernier se rend, en effet, comme à son habitude, au Palais Rouge, une maison close. Mais ce soir, la tenancière n'est plus la même et les filles non plus... Un texte très court (2 pages) à l'ambiance steampunk avec son fiacre-vapeur et son fantastique latent. La même année, dans l'excellente anthologie de Magali Duez, Ouvre-toi !, aux éditions Griffes d'Encre, il revisite le conte d'Ali Baba et les quarante voleurs avec sa nouvelle «Jassïm Ibn Menollah victime des statistiques».
Dans ce parcours chaotique, difficile, du nouvelliste, pouvoir voir un recueil entier à son nom sortir en librairie, n'est pas chose acquise, même quand on a le talent adéquat. C'est donc tout à l'honneur de Philippe Gindre des éditions La Clef d'Argent, d'avoir accepté de publier ces Caviardages en mettant à l'honneur cet écrivain français dont l'imagination ravira les amateurs d'Edgar Allan Poe, ou de Richard Matheson. Ne vous méprenez pas, la relève n'est pas forcément comparable à ses maîtres, chacun ayant son style propre, mais si ces auteurs viennent immédiatement à l'esprit, c'est que Timothée Rey a la culture de la nouvelle à chute, de l'enquête fantastique et de la bizarrerie «quatrième-dimensionnesque». Et cela révèle le plaisir de lecture qui vous attend dans ces quelques nouvelles dont la quatrième de couverture donne parfaitement l'accroche. À apprécier sans modération.

Herveline Vinchon

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Yozone, 24 novembre 2008.

Les Jardins de Klarkash-Ton, essai de Philippe Gindre: De l'influence du végétal, le plus souvent maléfique ou néfaste, dans l'oeuvre, assez noire, du grand précurseur de la Dark Fantasy.
Comme à l'habitude, ces opuscules au format 13 x 11 des éditions de La Clef d'Argent sont des petites pépites d'informations érudites et intelligentes.
On se doutait bien que Philippe Gindre aimait l'écrivain autodidacte Clark Ashton Smith (cf. PPS ). Même si une précédente version de ce texte était parue sous le titre «Le Seigneur des Parterres Écarlates: L'Horreur Végétale selon Clark Ashton Smith» dans la revue "Le Boudoir des Gorgones" (n°9, juin 2004), il n'en reste pas mois que cet essai garde tout son intérêt aujourd'hui. Car celui avec qui le grand H.P. Lovecraft entretint une belle correspondance faite d'encouragements et de conseils (il le surnommait gentiment "Klarkash-Ton" -- d'où la référence dans le titre), celui qui publia sans grand succès ses nouvelles dans le pulp Weird Tales, celui que le public anglosaxon ne découvrit que tardivement lorsque August Derleth décida d'éditer ses nouvelles en volumes après la Seconde Guerre Mondiale (et la France avec la collection Néo encore bien plus tard) est un auteur diablement important.
Précurseur d'une littérature fantasy très stylisée (longues phrases travaillées, richesse du vocabulaire, recherches d'ambiances), noirceur des détails mais répulsion profonde des scènes d'actions musclées, cet écrivain et artiste américain, totalement autodidacte, ne faisait rien comme les autres.
Pas de raison que sa vision du "végétal" ne sorte pas de l'ordinaire par conséquent. Piste soulevée et bien argumentée par Philippe Gindre qui s'appuie sur une longue et minutieuse lecture des textes originaux et quelques exemples bien choisis (j'adore le principe des plantes qui rétractent leurs racines à l'approche de l'homme!).
Si nous ne conseillerions pas Clark Ashton Smith au premier lecteur de fantasy venu tant il se situe en dehors des écoles littéraires contemporaines, mais bien plus dans un 19e siècle romantique et français, il n'en reste pas moins qu'en digne amateur de La Bibliothèque de La Pléïade, j'adore toujours autant les essais qui proposent presque plus de notes en fin de volume que de texte de fond avant (soyons honnêtes, le rapport est d'un tiers, deux tiers dans ce volume).
Un petit bouquin digne du travail de vrais passionnés que livrent régulièrement les éditions de La Clef d'Argent (dont nous parlons souvent) et sans qui nos amours littéraires ne seraient point.
Y-a ceux qui aiment ça... et ceux qui n'aiment pasÊ! Vous avez compris où je me situe.

Stéphane Pons

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Atemporel.com, 17 novembre 2008.

Les Jardins de Klarkash-Ton: Introuvables les éditions françaises de Clark Ashton Smith? C'est vrai! Mais pour vous inviter à retrouver des recueils de nouvelles à des prix souvent raisonnables, ou acquérir des rééditions de Nostalgie de l'Inconnu, l'intégrale de ses poèmes en prose, ou Le Mangeur de Hachisch, son oeuvre culte, la Clef d'Argent, représentée par Philippe Gindre, vous propose un nouvel essai: Les Jardins de Klarkash-Ton.
Pour ce quatrième tome de sa collection micro-poche, KhRhOn, Philippe Gindre nous propose de mieux comprendre l'oeuvre de Clark Ashton Smith à travers les hommes-fleurs du royaume de Lospar, les arbres à têtes humaines du jardin d'Adompha, les fleurs-sirènes de la planète Votalp, les lianes mutagènes du labyrinthe de Maal Dweb, pu encore les hydres végétales d'Andromède. Un essai, encore une fois réussi, et très documenté de 80 pages qui témoigne, une nouvelle fois, de l'érudition fantastique de la Clef d'argent et de l'originalité de ses publications ;-)
Attiré par la couverture envoûtante de Patrick Mallet, je l'ai dévoré ce matin entre les lianes virtuelles de la jungle urbaine; je vous le recommande !!!

Laurent Delin

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Yozone, 12 novembre 2008.

Drôle de Jules Verne !: Ce petit opuscule souligne très gentiment, mais sans mollesse aucune, ô combien Jules Verne fût aussi un grand écrivain totalement de son temps!
"Humour, ironie et dérision dans l'oeuvre de Jules Verne": Lionel Dupuy n'y va pas par quatre chemins et démontre en peu de mots que le pur génie littéraire n'empêche pas de côtoyer les pires turpitudes aussi!
Je ne sais si Lionel Dupuy est considéré comme un spécialiste de Jules Verne par la docte assemblée des nombreux admirateurs que cet écrivain possède, toujours est-il qu'il nous amène régulièrement sur un plateau des essais très informatifs et intelligents sur l'auteur Français du 19e siècle le plus traduit au monde avec Victor Hugo.
Le fait est, le temps et les lecteurs ont tranché sur les querelles de chapelles ou sur ceux qui persistent à contester le brio évident de celui qui créa les canons de la littérature imaginaire moderne avec E. A. Poe.
Après «En Relisant Jules Verne» (La Clef d'Argent, 2005), «Jules Verne, L'Homme et La Terre» (La Clef d'Argent, 2006), c'est un opuscule intrigant, d'un format minus et presque carré, qui nous arrive. Son titre complet est tout un programme: «Drôle de Jules Verne! Humour, Ironie et Dérision dans l'oeuvre de Jules Verne». Si le propos est forcément concentré (34 pages d'analyse), le menu n'en reste pas moins dense et intéressant. À l'aide d'exemples précis, Lionel Dupuy pointe avec finesse quelques petits défauts assez typiques chez un écrivain qui est aussi le pur produit de son temps et de sa culture.
Principalement, le sexisme, la xénophobie qui vire parfois aux clichés antisémites et une tendance avérée pour la caricature simplificatrice.
C'est évidemment à travers la «Géographie Illustrée de la France et de ses Colonies» que l'essayiste prouve par A plus B que Jules Verne nous en sortait des vertes et des pas mûres de temps à autres. Il est vrai que tous les lecteurs qui auront feuilleté cet ouvrage (la lire peut provoquer de nombreux chocs et ne s'avère vraiment pas indispensable) se diront que le grand Jules n'y allait pas avec le dos de la cuiller! On imagine même sans peine l'étonnement outré des autochtones de nos provinces découvrant ce que l'on pensait d'eux à l'époque...
Mais ce n'est pas tout, l'humour évident de certains dialogues issus des principaux romans, la belle culture littéraire de Jules Verne apparente à travers de nombreux clins d'oeils stylistiques, des noms ou prénoms de personnages, des citations déguisées, ne sont pas ignorés.
Et puis, il y a aussi la mise en valeur de quelques pensées prémonitoires qui ne cessent de surprendre par leur justesse visionnaire. Ainsi, «Ils (les Américains) ont plus de souci de l'humanité en général que de l'individu en particulier» (in«De la Terre à la Lune»).
Seule (très) petite critique destinée à l'éditeur, si la collection "KhRhOn" permet "Le tour de la question en moins de 50 pages" sur le site de l'éditeur, l'ouvrage indique "KhRhOn: Le tour de la question en moins de 80 pages"... Certes, il n'y a pas mensonge, mais étant donné que le volume affiche quarante pages au compteur, il faudrait peut-être se décider;-)*
Étonnant et intéressant, ce «Drôle de Jules Verne!» vous apporte un petit quart d'heure de lecture qui vous rendra beaucoup plus intelligent et cultivé. Si vous êtes un peu curieux ou tout simplement passionnés par Jules Verne, à vous de ne pas rater cette occasion.
Pour 5 Euros, pas d'hésitation.

Stéphane Pons
*Note de La Clef d'Argent: le nombre de pages maximum était, c'est vrai, fixé à 50 pages au moment de la création de la collection. Jugé insuffisant, Il a été portéà 80.

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Phénix-Web, 20 octobre 2008.

Les Montagnes hallucinogènes: La Clef d'argent inaugure une nouvelle collection, intitulée 'Pastiches et hommages lovecraftiens' par ce petit opsuscule tout à fait désopilant. Tout jeune encore, Clarke (1917-2008) fait paraître une courte nouvelle dans le fanzine 'The Satellite' à Liverpool en 1940. Nouvelle qui témoigne de l'intérêt que portait pour Lovecraft, récemment disparu, un fandom britannique alors balbutiant. En effet, le titre se démarque à peine des célèbres Montagnes hallucinées (Astounding stories,1936) du reclus de Providence, et en suit l'argument: une équipe de scientifiques découvre une cité antédiluvienne au fin fond des plaines glacées de l'Antarctique. Bourré d'allusions et de 'private jokes' (expliquées en notes), le texte est fort amusant, et même carrément drôle: on l'aura compris, les Grands Anciens rencontrés ne sont vraiment pas ceux auxquels on s'attend! Le récit est ultracourt (29 pages), mais il est précédé d'une préface éclairante et suivi d'abondantes notes de la plume de Philippe Gindre, également traducteur. Clarke avait approuvé la publication du texte, et est décédé au moment de la mise en page...

Une détonnante découverte.

Bruno Peeters

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Phénix-Web, 2 octobre 2008.

Dans sa jolie collection KhRhOn, les éditions de La Clef d'argent publient un cinquième opuscule, consacré à l'humour chez Jules Verne. D'où le portrait de couverture, où le grand homme se voit affublé d'un point rouge sur le nez, tel un clown.
Il ne s'agit pas ici d'un petit essai comme celui dédié à Clark Ashton Smith par Jean Marigny, mais plutôt d'une promenade dans les textes de Verne, piochant au hasard (?) des perles d'humour de l'auteur des Enfants du Capitaine Grant. Promenade qui débute précisément par ce roman, dans lequel l'auteur se moque ouvertement des géographes. En voyageant au travers de thématiques diverses, Lionel Dupuy s'échine à nous trouver diverses citations illustrant l'humour de Jules Verne, et même son autodérision (dans Le Superbe Orénoque). Au delà de ces quelques passages, il est intéressant d'en noter d'autres, très SF comme la description des habitants de Jupiter ou de le Lune.
Verne se pose aussi en héritier des Lumières par son rejet des superstitions. Dupuy démontre également l'attachement de l'écrivain aux idées de son temps, attachement parfois très conservateur dont témoigne par exemple sa définition du Juif (Hector Servadac), ou les stéréotypes relatifs aux habitants des contrées françaises (Landes, Corse...). Au niveau sexe, il n'était pas trop aventureux non plus (Eve et la pomme, dans Sans dessus dessous). Dernier article jouissif sur les noms usités, du Capitaine Nemo à Gil Braltar en passant par Passe-Partout, Palmyrin Rosette ou le préparateur Ygène dans Une fantaisie du Docteur Ox.
«Instruire en divertissant» disait l'éditeur Hetzel? Voilà exactement ce que fait Lionel Dupuy dans son petit pamphlet.

Bruno Peeters

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La République des Pyrénées, 25 septembre 2008. 

Drôle de Jules Verne !: Verne en filigrane. Universitaire palois, géographe de formation, spécialiste en écologie humaine et exégète de l'oeuvre de Jules Verne, Lionel Dupuy dévoile, dans un petit recueil instructif, facile d'accès et de lecture, des facettes inédites du romancier de génie visionnaire, aux convictions positivistes.
Mû par une curiosité maligne, l'auteur met au jour toute l'ambivalence du personnage à travers un florilège des écrits du grand homme. Ainsi, derrière la fascinante vitrine novatrice et quasiment prophétique des histoires fantastiques, découvre-t-on, en Jules Verne, un boutiquier de son temps, pétri de préjugés en tous genres. Animé d'une forme de racisme ordinaire et condescendant, le sien s'exerçait à l'encontre des étrangers mais aussi des Corses, Landais... Il croit en l'être supérieur, à la hiérarchie des races, aux vertus civilisatrices, au nationalisme belliqueux et souscrit à une ethnographie caricaturale appliquée aux peuples de France. C'est amusant, parfois agaçant, toujours édifiant. Pour paraître minuscule, l'ouvrage n'en reflète pas moins le laborieux travail de décorticage d'un biographe zélé.

Renée Mourgues

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Yozone, 24 septembre 2008.

Le Passage, recueil de Sylvie Huguet: Le passage vers un ailleurs étrange et inconnu, des animaux en voie d'extinction ou mythiques, des notes de musiques qui flottent dans l'air, etc.
Textes poétiques servis par une grande et belle écriture baignée d'imaginaire, ce petit recueil de nouvelles mérite la lecture.
Même s'il ne s'agit pas de son premier ouvrage, retenez ce nom: Sylvie Huguet.
D'inspiration clairement fantastique (seul un texte sur onze nouvelles est franchement SF), «Le Passage» (premier texte et titre de l'ouvrage) propose de beaux voyages dans l'entremonde.
Celui où tout est possible, celui où du rien naîssent les rêves ou les cauchemars. Il y a dans les pensées de Sylvie Huguet des senteurs "classiques" qui la rangent forcément auprès des grands romantiques et des écrivains grande époque. Ceux qui travaillaient leur langue, pesaient leurs mots et pouvaient réfléchir des lustres sur une tournure de phrase. Un art de la lenteur où l'écrivain est franchement artisan et non producteur de phrases qui ne veulent rien dire.
On est bien en peine de dégager une nouvelle de l'ensemble tant l'écrivain parvient à livrer un tout. Certes les sujets sont différents (principalement la mort, la disparition, la musique, la nature) mais les angles d'approche diffèrent assez peu dans un contexte profondément homogène. Peu ou pas de dialogues, mais une écriture ciselée et stylisée (au bon sens du terme) aussi.
La Clef d'Argent, dont nous saluons souvent ici la belle qualité des ouvrages publiés, prouve une fois de plus que l'on peut être un éditeur de province et lancer à l'aventure des auteurs que la "grande" édition n'ose plus publier.
C'est heureux... et fort dommage parce que cela implique de renoncement au niveau national et éditorial. Espérons que ce «Passage» aura trouvé ses lecteurs ou les trouvera. Sylvie Huguet le mérite ainsi que tout nos encouragements à persévérer.

Stéphane Pons

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Phénix-Web, 11 septembre 2008.

Le Passage, recueil de Sylvie Huguet: Tout est passage dans ce recueil poétique, et non seulement son titre et sa première nouvelle. Tout y est fuite vers ou dans une autre réalité. Un rien devient prétexte, occasion de quitter la vie réelle, et la transition peut s'opérer dans la douceur comme dans la douleur. La musique peut l'accompagner, comme dans «Le soleil fixement» et la symphonie ultime d'un frère aimé (l'auteure décrit-elle une page de Sibélius?), ou «La danse du sabre», qui s'inspire évidemment du tube immortel de Khatchaturian. Mais ce sont avant tout les animaux qui entraîneront, ou accueilleront le passeur, dès les oiseaux du «Passage» inaugural. Les félins et les loups dominent, tels «Les guépards de Francis Régnier», le tigre du «Sanctuaire», le lynx du «Regard» ou les loups de «La chair du rêve» ou du «Serviteur des dieux». Cette dernière nouvelle, îlot de SF dans un ensemble résolument fantastique, pourrait former un excellent départ de roman de par l'univers créé, bien trop étriqué en 7 pages... Mais ce seront les chevaux, marins ou légendaires, qui escorteront les deux plus beaux textes. «Marée», qui verra la petite Axelle, fillette un peu seule dans une famille conventionelle, rejoindre enfin la cavalcade entrevue dans les embruns. Et «Hélène aux licornes», la triste nettoyeuse de musée envoûtée par un paysage aux licornes. Elle aussi 'passera' et, arrivée de l'autre côté, verra son corps mortel sur une civière, dans la vraie vie. Et la nouvelle conclut, splendide: «Une licorne s'approcha, joueuse, et d'un coup de tête, éventra le tableau.»

Il y a, dans ces onze récits très littéraires, sans dialogues aucuns, des instants de poésie rares qui feront thésauriser ce recueil par les véritables amateurs de fantastique. Le lien intense entretenu avec la nature frémissante, bienveillante, dissolvante ou neutre («Le Sanctuaire évoque Shangri-Lâ») émerveillera, d'autant plus qu'il est fréquemment soutendu par des allusions à l'extinction des espèces menacées.

Une très très belle découverte, plus encore: une invitation au voyage qui laissera des traces au plus profond de chacun, comme un écho de cymbale venu d'un rêve d'ailleurs.

Bruno Peeters

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ActuSF.com, septembre 2008.

Le Codex Atlanticus 17:

Un grand millésime

Ce dix-septième volume de Codex Atlanticvs porte bien son nom d'anthologie. C'est en effet la fine fleur des textes contemporains ciselés de main(s) de maître(s) par des petits auteurs bien de chez nous, pas prétentieux pour deux sous et plein de talent: Jean-Jacques Nuel, Michel Rullier, Philippe Vidal, Denis Moiriat, Christian Hibon, Gilles Bailly, Jean Effer, Philippe Bastin, Franck Denet, Timothé Rey, Stéphane Mouret, et tout autant d'écritures innovantes et nourries des classiques, pour notre plus grand plaisir.

Dire ou ne pas dire

Telle est la question. En particulier dans le genre où l'on se trouve, qui doit maintenir la fameuse hésitation qui inspira tant notre cher Todorov. Aussi, c'est sous le signe de l'éphémère, l'absence et la disparition -- tragique et sublime -- des mots que débute le recueil. En guise de mise en bouche, un brillant «Épitaphe» de Jean-Jacques Nuel nous conte l'histoire d'un auteur qui dédicaça sa vie à l'écriture d'une seule phrase, mais qui périt dans un naufrage avant même de la délivrer. C'est cette question sacrée du raconter ou ne pas raconter qu'abordent indirectement les récits. Ainsi en est-il de la première nouvelle: «Peuchâtre et Gésirac», où Mamé mal en point n'a plus la force de ressasser une fois de plus l'histoire de l'ogre de Gésirac à son petit-fils dépité... On poursuit notre cheminement vers le silence avec les «Livres invisibles», un récit audacieux de Philippe Vidal, dépeignant un auteur dont les mots s'effacent à mesure qu'il écrit... Toutes ces histoires nous disent la même chose. Le mot est aussi sacré qu'évanescent. Aussi éternel que contingent. Le verbe est capital, mais peut nous échapper à chaque instant.

Trinquons!

On est au pays fabuleux de la littérature fantastique, la vraie, de celle qui flirte sans gêne avec le XIXème siècle, le décadentisme, l'élégance. À commencer par la fuite sublîme, donnant lieu à une fugue verbale travaillée à la syllabe près du petit Luc à travers l'effrayante forêt dans «Peuchâtre et Gésirac», qui a pour mission de ramener un médecin à Mamé, celle qui ne veut plus raconter, et qui est sur le point d'emporter dans sa tombe toutes les légendes du coin. .. L'enfant terminera sa course lascivement, dans les bras d'un ogre pas comme les autres...Michel Rullier signe un contrepoint sensuel et délicieux du Petit Poucet.
Et puis, entre deux échappées vers l'étrange, nous assistons à un dîner, cadre de deux récits très courts et délicieux, intermèdes chics entre des nouvelles plus longues. Citons «L'exclusif», joute hilarante où chacun reconnaîtra le «con du dîner» qu'il a un jour croisé ou bien un jour... été. Et puis «Reflet», où une quinquagénaire splendide se regarde pour la première fois dans le miroir et récupère instantanément toutes ses rides...
Bref. Du jeune benêt des champs qui rêve de devenir croque-mort à la secrétaire découvrant un tunnel secret depuis sa cave, en passant par «Viktor Skopein n'est pas mort», texte ludique et puzzle conjugué sur le mode du futur, l'originalité des sujets et la beauté du traitement font de cette anthologie un grand cru, rare et indispensable à notre cave livresque.
Auvergnates, provençales ou vésuliennes... Les belles plumes de notre France profonde délivrent leur magie, inspirées sans doute par la beauté et le calme de nos terroirs... à lire sur le champ avec un grand verre de saint-émilion!

Tchin!
 

Audrey Cansot

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Atemporel.com, 7 août 2008.

Le Codex Atlanticus 17: Parution cet été du 17e numéro du Le Codex Atlanticus chez nos amis de la Clef d'Argent. L'anthologie périodique consacrée à la nouvelle et plus précisément aux textes courts du domaine Fantastique, vous présente 11 textes francophones.
Vous retrouverez la nouvelle Victor Skopein n'est pas mort, de Jean Effer, 2e prix au concours des nouvelles fantastiques La Clef d'Argent / Atemporel.com 2006.
Comme toujours à la Clef d'Argent, la mise en page est très soignée. A souligner, une couverture particulièrement réussie de la jeune Mélusine, alias Tiffanie Uldry. Lecture recommandée, idéale sous la tente quand le tonnerre gronde!

Laurent Delin

Sueurs Froides, 17 juillet 2008.

Le Mausolée de Chair, novella de Jonas Lenn.

1940, un journaliste arrive trop tard pour interviewer Léon Trotski dans son exil mexicain: on vient de l'assassiner! Un mystérieux savant lui promet pourtant de le lui faire rencontrer...
Comme d'habitude à LA CLEF D'ARGENT, LE MAUSOLEE DE CHAIR est un beau petit livre, avec une couverture très soignée de PHILIPPE GADIOUX. Cette novella d'aventure fantastique de JONAS LENN est fort bien écrite, avec, parfois, une atmosphère angoissante réussie (le périple dans les marais avec un Charon borgne).
LE MAUSOLEE DE CHAIR traite à la fois d'une légende aztèque (qui évoque un incroyable poisson géant, le HOGA) et de la possibilité de revenir à la vie. Science et chamanisme s'y confondent intelligemment. L'oeuvre aurait pu aboutir à un ersatz des BOB MORANE tendance cryptozoologie, ce qui aurait aurait été déjà très bien, mais elle s'avère bien plus riche. En 50 pages seulement, JONAS LENN bouillonne d'idées. Même si cela peut étonner certains, cette novella en contient même plus que bien des romans!

Patryck Ficini

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Epicure n°10, juin-juillet 2008.
Le mag de la vie étudiante.

Les Montagnes hallucinogènes: Une expédition scientifique découvre en Antarctique les ruines cyclopéennes d'une cité antédiluvienne, vestige d'une civilisation préhumaine disparue. Disparue? Rien n'est moins sûr. Au coeur de ce labyrinthe méphitique gisent peut-être d'effroyables entités cosmiques prêtes à resurgir et à engloutir l'humanité sous un flot d'horreurs indicibles... Dans cette nouvelle (éditée dans un format rigolo qui tient dans la poche) écrite lorsqu'il avait 22 ans et jusqu'à présent inédite en français, Arthur C. Clarke (mort récemment, il doit aujourd'hui crécher du côté de Jupiter) pastiche dans une forme d'hommage Les montagnes hallucinées signée par H.P.Lovecraft. Plus qu'une curiosité, un document d'archive pour les amateurs du genre.

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L'Écran Fantastique n°288, juin 2008. 

Le Passage, recueil de Sylvie Huguet: Onze textes, 90 pages, un petit bouquin qui tient dans la paume de la main, mais un rare plaisir de dégustation. Ce qui intéresse l'auteur, ce n'est pas tant l'histoire qu'elle raconte, mais le climat qu'elle instaure, les décors qu'elle nous convie à traverser, comme un miroir. Un jardin extraordinaire, une plage, où courent les «chevaux de la mer» chers à Ferré (La Marée), des Jardins sous la neige. Ainsi que l'indique le titre, c'est aussi l'instant magique -- ou dramatique -- du «passage» qui intéresse Sylvie Huguet, ce moment où tout bascule: ce que font d'ailleurs ces personnages quand ils quittent une réalité peu clémente pour un autre univers fantasmé qui peut tout aussi bien être la mort. Une profonde empathie pour la nature, pour les animaux (Les Guépards de Francis Grenier, où un peintre animalier redonne vie, par ses toiles, à des bêtes en voie d'extinction) donne le ton à ces vignettes, où résonne une vraie voix bien agréable à entendre.

Jean-Pierre Andrevon

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Phénix-Web, 28 juin 2008.

Le Codex Atlanticus 17: Dix-septième anthologie fantastique du Codex Atlanticus, elle présente onze textes d'inégale valeur, certes, mais démarre en force avec un texte de deux pages de Jean-Jacques Nuel L'épitaphe, magnifiquement concis.
Peuchâtre et Gésirac de Michel Rullier est un conte populaire modernisé tout à fait intéressant et très bien écrit. De «Les livres invisibles» de Philippe Vidal, d'une belle écriture également, sourd une inquiétude latente remarquable et fort fantastique. Puis il faut passer sur plusieurs textes un peu abscons pour arriver à L'homme-crochet de Philippe Bastin, glauque à souhait, et à la pirouette bien jolie de Reflet (Franck Denet), un peu voltairienne. Les deux dernières nouvelles sont toutes d'ambiance, démoniaque mais non sans humour pour Extension du Domaine de la punition (merci, Fredric Brown?) et tragico-poétique pour La Sagesse du Fossoyeur de Stéphane Mouret. Le numéro se termine brillamment par une (oui, une) page des inénarrables Coolter et Quincampoix, se demandant bien ce qu'ils font là. Pour initiés du Codex, sans doute, mais très rigolo.

Bruno Peeters

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actusf.com, juin 2008.

Les Montagnes hallucinogènes: La Clef d'Argent est un éditeur associatif, actif dans les domaines du fantastique et de l'étrange depuis plus de vingt ans. Cette petite structure crée aujourd'hui sa dixième collection, Fhtagn, consacrée aux pastiches et hommages lovecraftiens. Les Montagnes hallucinogènes d'Arthur C. Clarke en est le premier numéro.

Un petit livre doux au palais

Les Montagnes hallucinogènes tient dans un tout petit ouvrage, dans le même format 10x12 que les Petits Guides à Trimballer d'Actusf. Il tient donc dans une main ou dans une poche et promet à son acquéreur une lecture plaisante et brève. L'histoire consiste en un pastiche des Montagnes Hallucinées de H. P. Lovecraft et narre également les mésaventures de savants embarqués pour l'Antarctique et qui découvrent, là où il devrait n'y avoir que glace et désolation, les traces d'une civilisation préhumaine incroyablement ancienne qui ne semble pas complètement disparue. Le récit de Clarke diverge de son modèle en faisant preuve d'un humour particulier avec des morceaux d'absurde dedans. Le texte représente une curiosité, non seulement en raison de l'hommage rendu à H. P. Lovecraft, mais aussi à cause de la possibilité de lire un des tous premiers textes publiés de l'auteur du mythique 2001: L'odyssée de l'espace.

Amer aux entrailles

Truffé de notes (la moitié du volume) qui attestent des nombreuses recherches effectuées pour offrir la meilleure traduction possible de ce petit texte, le livre des éditions La Clef d'Argent assume sa nature d'essai. On s'interroge tout de même sur le bien-fondé de ces renvois quand, par exemple, tout ce qu'on apprend au bout d'une note de plus de trente lignes, c'est que Clarke, interrogé avant sa mort, «a confié qu'après tant d'années, il avait hélas tout oublié des circonstances de la publication des Montagnes hallucinogènes». Beaucoup de notes donc, qui décryptent les choix et l'humour de Clarke et renvoient toutes en fin d'ouvrage; elles font ainsi perdre au format micro-poche de l'ouvrage tout son intérêt, puisqu'il faut au moins un doigt et un signet, outre la main qui tourne les pages, pour venir à bout de sa lecture.
Difficile également d'aborder ce pastiche sans l'obligatoire relecture du texte original de Lovecraft. Or, explorer deux fois de suite le même paysage antarctique, jouer le jeu de l'étonnement faisant suite à l'envie de savoir peut s'avérer éprouvant pour le lecteur juste curieux.
Pour ces raisons, et nonobstant la facture et le format agréables de ce volume, nous ne le conseillerons qu'aux grands amateurs de Lovecraft ou, éventuellement, aux collectionneurs des oeuvres de Clarke.

Ketty Steward
Note de La Clef d'Argent: on pourra, si on le souhaite, lire la réponse que nous avons adressé à ces intéressantes critiques sur le forum d'actusf.

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Solaris, juin 2008.

L'Écho du tonneau 4: Le feuilleton du «Club Diogène» continue son petit bonhomme de chemin sur ce singulier mais néanmoins intéressant support qu'est L'Écho du tonneau...

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Erwelyn & Theyrani, 15 juin 2008.

Les Montagnes hallucinogènes: Petite nouvelle bien sympathique qui, si elle emprunte l'univers de H.P. Lovecraft, est aussi pleine d'humour. Cette parodie des Montagnes hallucinées est à consommer sans modération. A cela j'ajouterai que les notes de Philippe Gindre quant au travail de traduction sont très enrichissantes. Non seulement il explique les références et les éthymologies qu'utilise Clarke mais il approfondit encore en nous expliquant le choix de certaines plus que d'autres afin de rester fidèle à l'idée, souvent difficilement traduisible. Aussi phonétique, métaphore, humour, ironie et Histoire sont autant d'éléments à prendre en compte.

Erwelyn

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Yozone, juin 2008.

Les Montagnes hallucinogènes: Quelque part, en Antarctique, une mission scientifique découvre d'anciennes ruines... Quels étaient les bâtisseurs de cette mégalopole dont les vestiges affrontèrent le temps? Mystère...
À moins que d'effroyables entités cosmiques, peut-être...
Vous voyez ce que l'on veut dire, non?

Directement inspirée par «Les Montagnes Hallucinées» de H.P. Lovecraft, cette nouvelle de jeunesse (1940) de Arthur C. Clarke démontrait déjà le talent naissant de l'auteur, sa verve humoristique ainsi qu'une solide culture SF.

Nous avons déjà par le passé salué les beaux efforts éditoriaux de La Clef d'Argent, maison d'édition de Dole dans le Jura. Formats originaux, papiers de qualité, typographies travaillées, soins approfondis portés à la qualité de l'objet, idées intéressantes, l'édition indépendante vit et acquiert régulièrement ses lettres de noblesse grâce aux efforts remarquables de structures de ce type.

Le lancement d'une nouvelle collection («Fhtagn» venant sans doute de la citation Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn) est toujours un événement. Débuter par un inédit en France de Sir Arthur C. Clarke (dernièrement décédé) confirme l'ambition du projet. Que cette nouvelle soit un exercice stylistique et narratif à la gloire d'un des grands maîtres des littératures de l'imaginaire confirme l'excellente impression d'ensemble.

Le texte vaut surtout par l'humour qu'il développe, basé sur une solide connaissance des écrits de l'homme de Providence, mais ne se limite pas en un vain exercice de style. Clarke y déploie un rire de bonne tenue, sincère et respectueux de l'oeuvre originale et offre une tonne de clins d'oeil à d'autres grands écrivains (Poe en particuliers).

Le tout se lit avec grand plaisir, aiguise la curiosité et permet d'enchaîner sur une trentaine de pages de notes qui sont autant de filons informatifs à creuser pour qui souhaiterait en savoir plus. Philippe Gindre en est l'auteur, lui qui a également traduit la nouvelle qui donne son titre au présent ouvrage. Illustration de couverture sympa de Patrick Mallet, format intrigant (12 x 10), le tout est un condensé de ce que l'on peut présenter d'intelligent aux amateurs de SF.

Hommage à Lovecraft et à Clarke, ces «Montagnes hallucinogènes» méritent de figurer dans toutes les poches (et bibliothèques) des amateurs d'imaginaires.

Pour cinq petits euros, l'affaire est belle et reçoit un coup de chapeau!

Stéphane Pons

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Atemporel.com, 27 mai 2008.

Les Montagnes hallucinogènes: Alors que nous apprenions il y a peu la disparition d'Arthur C. Clarke, génial visionnaire et grand auteur de de SF, nos amis de la Clef d'Argent bouclaient la mise sous presse des Montagnes hallucinogènes. Un mini-livre d'Arthur C. Clarke, pastiche des Montagnes hallucinées de H.P. Lovecraft. Une parodie remarquable que Clarke avait écrit à l'age de 22 ans!

Notre avis: L'auteur de 2001, Odyssée de l'espace (adapté au cinéma par Stanley Kubrick) signe ici une belle parodie, drôle, comme un hommage à l'univers d'H.P. Lovecraft. Cet ouvrage, condensé, très bien annoté par Philippe Gindre, riche, comme à l'habitude de l'éditeur, d'une belle bibliographie, se lira dans la journée. La lecture est assez facile, malgré les nombreux renvois non obligatoires mais qui aident à mieux comprendre ce mini-livre mais aussi l'oeuvre de H.P. Lovecraft.

Nul doute que les Montagnes hallucinogènes ouvrent la voie à cette collection originale de pastiches lovecraftien qui porte le doux nom de Fhtagn. Il s'agit du même format que la collection KhRhOn où l'on retrouvait il y a peu les Mondes perdus de Clark Ashton Smith (par Jean Marigny). Encore une belle réalisation de l'éditeur associatif franc-comtois!

Laurent Delin

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Diérèse n°40, 5 printemps 2008.

Le Passage: À la lecture de cette série de nouvelles brèves et intenses (au nombre de onze), on se doit de reconnaître que notre raison vacille un peu. Nous y croisons des personnages auxquels le monde charnel et le côté «mesquin» de la vie de tous les jours inspire un vif «écoeurement» («Je guettais le bourgeonnement ou l'usure de la matière vivante avec le même dégoût»). Volontiers assaillis, transportés par la force, l'intensité de leurs rêves, ils éprouvent un besoin douloureux, pathétique d'évasion, de «sensation d'espace» qui nous touche. Épris de pureté, d'authenticité jusqu'à la souffrance, ils sont prêts à tout pour fuir la réalité si décevante, si sale, si irrémédiablement laide. Sans doute, le fin mot de l'histoire est-il qu'ils veulent à toute force échapper à l'absurdité cruelle de la condition humaine. Irrésistiblement, ils sont attirés, happés par la perfection, par la fixité, l'éternité immaculée, brute de paysages de neiges et de roc, préservés de toute souillure.

Ils partent aussi à la rencontre d'animaux sauvages (loups, tigres, lynx, oiseaux) qui, à leurs yeux, incarnent une sorte de sagesse immémoriale, puissante, inaccessible à l'être humain. Ils utilisent les médiums que sont les différentes formes d'art pour poursuivre leur chimère, pour trouver «l'essence abstraite comme un tableau saturé de couleurs pures» ou encore «La symphonie» qui «apparaît comme une structure aérienne, qui se construit peu à peu au fil des notes pour atteindre une harmonie aussi parfaite que celle des nombres de Pythagore», donc pour se soustraire au monde matériel. Ce sont des personnages hantés, que leur quête d'absolu consume, et conduit, parfois, jusqu'au basculement dans la déraison, par l'intermédiaire de la «transe». Pays merveilleux, mondes parallèles, quintessence de l'esprit enfin libre. Le héros du «Sanctuaire» avoue: «J'aimerais n'employer que des mots neufs...». On songe, là, quasiment, à Rimbaud et à sa fameuse voyance. On n'est pas loin non plus, quelquefois, de songer au Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde. Résultats d'un acte magique, les oeuvres d'art se mettent à vivre, à acquérir une vie propre, aussi hypnotique que mystérieuse («Hélène aux licornes»), qui suffit à propulser l'être le plus banal au-delà de lui-même. Sylvie Huguet, manifestement, aime les «lieux de lumière soyeuse», les «Alpages et glaciers», «cirques de velours», «falaises de quartz» et autres «cascades pareilles à des jets de cristal pur», les «plaines de neige que la lune éclairait d'un jour de marbre». Ses personnages les portent au plus profond de leur véritable moi, à savoir leur moi intérieur qui aspire passionnément à voler de ses propres ailes (l«'outre-monde» ne se gagne-t-il pas impérativement en «s'absentant de soi-même»?). Avec eux, la «nausée» et l«'extase» se regardent en chiens de faïence, ce qui n'empêche en rien l'irruption de l'inattendu, du surnaturel. Certaines des nouvelles de S. Huguet s'avèrent vraiment envoûtantes: elles nous dépeignent de véritables cheminements initiatiques, qui font penser au «chamanisme» et qui n'en sont que plus fascinants (je pense au «Serviteur des dieux», à «Marée», à «La danse du sabre» dont l'onirisme tout ensemble nous angoisse et nous tient en haleine). Dotée d'une grande imagination, Sylvie Huguet, dans ses nouvelles, dans ses contes modernes très personnels et qui portent à la réflexion cultive un merveilleux qui, à aucun moment, ne se laisse prendre au piège de la mièvrerie. Il y a en elle, une espèce de force du merveilleux, due sans aucun doute au sens du tragique et à une profondeur inhérente à la réflexion.

Alors... appel lancinant d'un ailleurs, ou appel d'un abîme? C'est la question qu'on ne cesse pas de se poser en lisant ces nouvelles, poignantes en ce sens qu'à tout prendre, elles nous parlent de la frustration fondamentale, existentielle de l'être humain, en ce sens qu'elles évoquent le fait qu'un tel degré de tension vers «autre chose» ne peut, en fait, qu'aboutir à un risque de folie, de dissolution de l'être mental, voire physique. Icare ne s'était-il pas brûlé les ailes en s'approchant trop du soleil? ... «recueillir ces instantanés magiques où se concentre le temps»: rêve de poète -- ascèse de sage.

Élargissement à des dimensions cosmiques. Mais à quel prix? 


Patricia Laranco

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Solaris, avril 2008.

L'Écho du Tonneau 1, 2, 3: Voici une singulière mais triple parution puisque les aventures du Club Diogène (deux livres parus, Chef d'oeuvre et Vilaines romances) se poursuivent sous la forme d'un fascicule en série intitulé «L'Écho du tonneau». Feuilleton dans le bon sens du terme, les trois premières livraisons (février, mars et avril) proposent une nouvelle aventure dans laquelle on retrouve Fédor, le Maréchal et Lison, qui traquent une terrible créature, la Bosse...

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L'Agrégation n°432, avril-mai 2008.

Le Passage: C'est toujours au plus secret de l'homme que nous entraîne Sylvie Huguet. Ce qu'elle quête et approfondit sans cesse, c'est l'étrange mystère de sa condition, vouée à la gangue de la matière mais hantée par la nostalgie de l'innocence originelle. Ses personnages ressentent jusqu'à l'intolérable la pesanteur du réel et, soit force d'un désir inconscient soit ascèse volontaire, s'en affranchissent un jour: la frontière est mince entre le monde visible et l'autre, cet Inconnu dont parle Baudelaire dans le Voyage, les éléments premiers de la Nature, l'eau, l'air, la lumière, mais aussi le rêve ou l'art en ouvrent les portes d'ivoire...

L'écriture à pointe de diamant de la romancière cisèle et fait resplendir ces mondes d'un Ailleurs, en même temps qu'elle excelle à rendre avec une cruauté presque insoutenable la trivialité du réel. Fasciné, le lecteur suit les pas de l'élu et emprunte avec lui le passage, prêt à toutes les initiations. 


Anne-Marie Lucas

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Mes Imaginaires, 23 avril 2008.

Le Passage: Ce recueil de onze courtes nouvelles rassemble des textes ayant plus pour thème l'ailleurs que le passage proprement dit. Mais l'ailleurs en restant sur place, l'ailleurs dans sa tête, celui qui peut confiner à la folie.

Les protagonistes des nouvelles de Sylvie Huguet ne se satisfont pas de la médiocrité du monde. Pour échapper aux corps avachis, aux cités dortoirs, aux graffitis obscènes, certains ont la musique, d'autres la peinture. Toujours le rêve d'un ailleurs meilleur, comme cette femme de ménage fatiguée qui découvre qu'une toile ouvre "la porte d'un royaume qui lui était réservé depuis toujours" ou cet explorateur, narrateur de la nouvelle "Le sanctuaire", qui ne visite rien moins que le paradis terrestre. Francis Grenier, peintre animalier, n'est lui non plus pas à court de projet fou, lui qui cherche à capter l'essence des guépards.

Pris dans leurs rêves ou leur folie, Hélène, Francis ou Axelle peuvent supporter la vie: "elle marcha sans prendre garde aux trottoirs gras ni aux passants irréels, prit un métro bondé où elle supporta sans gêne et sans dégoût la pression et l'odeur des corps entassés contre le sien. Elle avait dérobé au peintre une bulle de bien-être fragile, où l'air avait le parfum des lys sous le fondu bleuté du ciel". Une façon détournée de reconstruire le quotidien grâce à l'art, mais souvent aussi grâce à la nature dans ce qu'elle a de plus sauvage et de plus libre: oiseaux, tigres, loups ou Vieille Forêt peuplée de dieux. Car comment s'échapper si ce n'est en empruntant des chemins imaginaires ? L'imaginaire traditionnel et littéraire d'une part, et un imaginaire personnel original dans lequel évoluent des solitaires un peu dingues qui doivent faire plier le quotidien pour supporter la vie. La mort est souvent pourtant au bout du chemin, au-delà du passage, où une autre forme de vie peut permettre enfin d'accomplir ses rêves.

Sandrine Brugot Maillard

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Encres Vagabondes, 9 mars 2008.

Le Passage: «Le fauve primordial qu'il avait rejoint comprenait en lui la forme et les sensations de toutes les bêtes qu'il chasserait jamais et de toutes les plantes qui nourriraient ces bêtes, les alarmes et les jeux de l'écureuil, la tension des feuilles vers le soleil. La connaissance le transperça comme la foudre. A cet instant il quitta le corps du lynx et devint peut-être un aigle, peut-être un esprit sans nom, mais cela n'importait plus.»

Dans le précédent recueil de Sylvie Huguet, La mosaïque du fou, plusieurs personnages ne trouvaient d'issue à leurs cauchemars que par la fuite vers la folie ou la disparition. Ici encore, il s'agit souvent d'échapper à un quotidien pesant, ennuyeux ou tourmenté, et grande est la joie des personnages quand ils découvrent, par choix ou par hasard, l'existence d'un passage vers un ailleurs plein de promesses.

Cet "ailleurs" est différent selon les nouvelles mais il est, dans la plupart des textes, très lié au monde animal. Et c'est là le deuxième thème majeur de ce recueil - et de l'oeuvre de Sylvie Huguet en général - où nous rencontrons de nombreux animaux qui ont peuplé et nourri nos rêves, nos peurs, nos fantasmes et les histoires de notre enfance : des félins, des chevaux, des loups et même... des licornes. Certains de ces animaux sont bien réels, d'autres sont des jouets, des dieux ou des créations artistiques.

Troisième thème fort de ce livre, le lien étroit que plusieurs personnages entretiennent avec l'art qu'ils soient musiciens, peintres ou écrivains. C'est dans l'Ïuvre même ou dans leurs sacrifices pour la voir aboutir qu'ils cherchent la clé du passage qui les conduira... ailleurs.

L'écriture très belle, souvent poétique, de Sylvie Huguet au fil des onze nouvelles, décrit des mondes en paix, de l'autre côté du miroir, où les animaux ne sont plus chassés ou en voie de disparition mais, au contraire, puissants, fiers et libres.

«Juste au moment où elle coule, quelque chose de puissant la soulève au-dessus des vagues. Ses cuisses se referment sur des flancs robustes, elle reconnaît le travail des muscles, la finesse satinée de la peau. La crinière déferle sur son torse éclaboussé par l'écume. Le vent salin la bouscule, elle chevauche enfin l'échine argentée de la mer joueuse qui roule la moire des étoiles.»

On retrouve ici les préoccupations de l'auteur, qu'on a déjà pu percevoir dans Le rêveur de jaguar, Le printemps des loups ou Les griffes de Shéhérazade, pour un univers où la vie animale jouit d'un profond respect.

Tous les moyens sont bons - le rêve, l'étude, la métamorphose ou la mort - pour accéder à cette autre dimension où l'homme, débarrassé de la pesanteur de son enveloppe charnelle, atteint enfin l'aboutissement de ses espoirs ou de ses recherches. Ce sont ces moyens, ces "passages" qui sont au coeur des textes.

Un livre qui inaugure une nouvelle collection sous des auspices prometteurs.

Serge Cabrol

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LeFantastique.net, février 2008.

Le Codex Atlanticus 16: Avec la récente revue Monk, le Codex Atlanticus reste l'une des dernières revues dos carré consacré au fantastique; une revue de qualité qui offre à la fois des textes récents et des nouvelles oubliées d'auteurs à (re)découvrir. Dans ce seizième volume, deux récits sont exhumés: "La Photographie" (1906) de Maurice Level et "La Jambe" (1856) de Charles Asselineau. Dans le premier, un conte horrifique construit sur une double narration (un procédé assez classique pour les nouvelles fantastiques au XIXème siècle), le narrateur évoque un jeune homme disparu avant de lui donner la parole grâce à une délégation narrative. Ce dernier nous raconte comment un inconnu lui a confié une étrange photo qui a bouleversé sa vie. Le suspense créé par l'attente d'une explication à cette disparition est accentué par l'indétermination du lecteur face à cette photo dont on ne lui dit rien. Un bon texte qui se devait d'être ramené à nos regards. Plus classique, "La Jambe" joue sur un effet onirique un peu artificiel qui manque sans doute d'un léger développement pour créer le plaisir. Le narrateur nous conte le rêve émouvant d'une rencontre avec une vieille dame, puis avec son mari impotent et sa fille malade dont il tombe amoureux. L'érotisme feutré de la jambe découverte ne fonctionnant plus de nos jours, le récit perd un peu de son côté sulfureux, ce qui est compensé par un style impeccable.

Le cru 2007 nous maintient en haleine grâce à quelques textes bien choisis, même si tous ne semblent pas totalement aboutis. Tout d'abord, saluons l'écriture fine et sensible de Jean-Jacques Nuel dont "Le Cagibi" met en abyme le travail de l'écrivain, dans un récit très court qu'il est impossible de résumer sous peine de le déflorer. Mais cela ne nous étonne pas de la part de cet écrivain talentueux. Saluons également "La Boite" de l'Espagnol Santiago Eximento qui joue avec l'indétermination du lecteur pour un conte horrifique tout en non-dit dans lequel un enfant reçoit une étrange boite de la part d'un inconnu le jour de son anniversaire. Le parallèle entre le cadeau qui ne surprend pas et cette boite qui a tant à offrir est passionnant, jusqu'à la fin ouverte qui laisse le lecteur aux prises avec ses propres terreurs. Timothée Rey nous invite à une écoute à la fois feutrée et horrifique de classiques de Duke Ellington mais dont on aurait aimé une autre chute que ce convenu changement de narration. Sans cela, "Dans la galette" aurait acquis en épaisseur et en trouble. Néanmoins, sa nouvelle se lit avec bonheur, tant les références sont précises, la montée de la tension bien maîtrisée et les thèmes joliment développés. Même remarques nuancées pour la nouvelle "Citrouille cou coupé" de Léonor Lara qui s'appuie sur la légende de Jack-O-Lantern, en y mêlant jeux d'enfants qui tournent mal et motifs horrifiques. Si la chute est maîtrisée, la tension descend parfois en raison de certaines longueurs. Mais l'on sent des qualités derrière ces quelques erreurs.

Il en va de même dans "Sous la voûte" de Philippe Gontier qui, en dépit d'une superbe idée de départ, très "fin-de-siècle", nous livre une nouvelle qui peine à maintenir la tension et qui privilégie quelques réflexions inutiles du narrateur. Là aussi, l'auteur se sert d'une délégation narrative qui permet une entrée in media res dans le récit, mais affadit le dénouement en le transformant en une malhabile double chute. Le passage fantastique est finalement mal cerné par des longueurs du récit. Pourtant, l'idée du toueur qui fait passer son batelier dans un autre monde à travers un long tunnel n'est pas sans rappeler "Le Signaleur" de Charles Dickens voire les aventures du Professeur Challenger de sir Arthur Conan Doyle. Une reprise en main de cette nouvelle pourrait en faire un petit chef-d'oeuvre. "Marée" de Sylvie Huguet est une nouvelle plus classique dont on devine rapidement la chute. L'écriture est fine, le style bien maîtrisé, plein de poésie et de non-dits qui permettent au lecteur de s'identifier à la jeune narratrice qui parle aux chevaux et aux vagues. J'ai été moins conquis par les deux derniers récits qui, trop courts, ne maintiennent pas suffisamment le lecteur en haleine. Pourtant, "Le Parfum de la clef" présente une idée de départ originale: un homme qui duplique des clefs les identifie grâce à leur parfum. Si le thème rappelle celui de la nouvelle "L'Odeur de la mort" de Dennis Etchison (à lire dans son excellent recueil Rêves de sang), le traitement est maladroit, décousu, mal construit et la chutetrop précipitée. Quant à "Scooter" d'Alain Kewes, il renvoie à Froid devant de Randall Boyll en inversant les rôles. Mais si le roman montrait tout l'amour d'un père pour sa fille, mêlant horreur et lyrisme, tout cela semble absent de "Scooter" qui reste bien pâle et semble hésiter entre humour (voulu?) et terreur, sans jamais choisir. Un texte finalement très bancal.

Ce volume 16 du Codex Atlanticus se révèle être un cru honorable qui joue une nouvelle fois la carte de l'expérimentation et de la double découverte, créant une passerelle bien agréable entre le passé et le futur, pour nous réserver de bons moments de lecture et de critique. Une revue à lire, à suivre et à soutenir.

Denis Labbé

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LeFantastique.net, février 2008.

Les Mondes perdus de Clark Ashton Smith: Cette nouvelle petite collection "KrRhOn" de l'éditeur La Clef d'Argent propose de présenter en 50 pages et pour 5 Euros un auteur ou une partie de son oeuvre, non pas de manière exhaustive, mais en donnant de belles pistes de réflexion et quelques éclairages intéressants. Le premier auteur à entrer dans cette collection est Clark Ashton Smith, passé au crible du regard de Jean Marigny, spécialiste s'il en est de littérature fantastique, qui se penche sur la géographie de cette oeuvre unique, empreinte de poésie, d'étrangeté et d'horreur. On y (re)découvre des continents perdus réinventés (Hyperborée, Lémurie, Atlantide, Mu Thulan) et d'autres crées de toute pièce ou à partir de pièces éparses (Zothique, Xiccarph, Yondo...) au coeur desquels l'auteur place des récits qui mêlent éléments surnaturels et merveilleux, esthétiques de science-fiction et tonalités fantastiques, sans que les barrières soient bien définies. Car ce qui apparaît à la lecture de cet essai, c'est bien la voix unique de Clark Ashton Smith, contemporain et ami de Lovecraft, qui se définissait comme un artiste accompli: peintre, sculpteur, poète et écrivain, créateur d'univers hallucinés, qui influencèrent le Maître de Providence et lui valut une certaine notoriété sur la côté ouest des Etats-Unis.

Aborder l'oeuvre de Smith, ce n'est pas tâche aisée, mais Jean Marigny le fait avec justesse et discrétion, présentant chaque lieu avec soin en nous montrant l'importance qu'ils ont jouée dans l'Îuvre. Il insiste sur cette oeuvre qui obéit à la règle des cycles (chère à Anne Besson) en nous expliquant chacun d'entre eux pour mieux nous familiariser avec leurs caractéristiques. Clark Ashton Smith affectionnait particulièrement les mondes aujourd'hui glacés, les observant à travers le temps et l'espace, comme pour mieux nous faire comprendre que l'Homme n'est rien face à la Terre et au Cosmos. Le lecteur suit parfois le même narrateur présentant des moments clefs de son monde, créant une unité artificielle qui permet néanmoins de mieux s'identifier au lieu et aux personnages.

Cependant, il vaut mieux éviter de trop s'attacher à eux car à l'instar de ceux de Lovecraft, les personnages de Smith sont rattrapés et écrasés par leur destin, n'évitant que très rarement la mort ou la folie. En proie à des apparitions terrifiantes ou à des incarnations monstrueuses, ils ne font que répéter des erreurs qui semblent traverser les âges, à la manière de sombres malédictions. Pour mettre en place ces ambiances angoissantes, l'auteur ne s'embarrasse pas de réalisme, préférant créer des mondes lyriques, chargés d'un fort pathos que développent des intrigues dramatiques traversées par des images de femmes fatales enivrantes. Si l'on trouve chez La Clef d'Argent pour une partie de son oeuvre poétique, ses recueils parus chez NéO, Christian Bourgois, Le Masque ou Les Belles Lettres sont actuellement quasiment introuvables, sauf chez les bouquinistes. Chinez, vous ne le regretterez pas et pour commencer, commandez ce petit livre pour vous mettre l'eau à la bouche.

Denis Labbé

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Scifi-universe.com, 26 février 2008.

L'Écho du Tonneau 1: Dans le contexte d'une  guerre franco-allemande, les membres du Club Diogène reviennent dans une toute nouvelle aventure nocturne et fantastique. Les temps sont durs le conflit Versaillais et Communards mettent à feu et à sang Paris en s'entretuant allègrement. Le Maréchal, Lison et Fédor se retrouvent donc en plein milieu de cette guerre civile pour une chasse pas comme les autres. Ils pourchassent La Bosse, une obscure et sanguinaire créature qui hante les rues de la Capitale pour se repaître de la chair et du sang de ses habitants. Cette créature existe depuis des temps ancestraux et elle se manifeste à chaque fois que la famine, les épidémies et les révolutions font rage.

Le retour du Club Diogène est une très bonne nouvelle. Tout d'abord, cette série créée par Jérôme Sorre et Stéphane Mouret fut publiée par La Clef d'Argent sous forme de mini romans somptueusement illustrés par Fernando Goncalvès-Félix. Les deux premiers tomes, Vilaines Romances et Chef d' Îuvre, mettaient en appétit et nous plongeaient dans un Paris de fin 19ème siècle où nous suivions les aventures surnaturelles du Club Diogène composé de 8 membres tous très différents: Vayec - Le minet du Club - Franklin - l'alter ego de Vayec - Fédor - Le Russe - Lison - La Potiche potelée - Le Maréchal - Le Doyen - Camille - L'austérité même - D'Orville - L'ordure personnifié - et Monsieur - Le créateur du Club et le plus mystérieux des 8 que l'on entrevoit que très rarement. Donc les aventures nocturnes et surnaturelles du Club Diogène reviennent en force sous une toute nouvelle forme : une gazette. Celle-ci se nomme L'Écho du Tonneau, le nom de la rue où se situe la suite 52 où se réunissent les membres du Club, et paraîtra régulièrement. La mise en page est réalisée par Philippe Gindre, le directeur des Éditions de La Clef d'Argent, et cette gazette pas comme les autres sera toujours illustrée par Fernando Goncalvès-Félix.

Une Amie Commune est je trouve l'un des récits du Club les plus sombres et l'un des plus terrifiants. Normal me direz-vous, il se déroule quand même durant une guerre civile, les gens s'entretuent et au comble de l'horreur il rode durant ce carnage une créature surnaturelle du nom de la Bosse. Celle-ci, abordée de manière fugace par les deux auteurs, autant sa description que sa provenance, laisse derrière elle une aura d'effroi et surtout de mystère. Pourtant, la fin de cette première partie d'Une Amie Commune laisse songeur ; La Bosse kidnappe un enfant et nos trois héros, Le Maréchal, Lison et Fédor, menant avec fougue cette chasse nocturne, sont bien surpris de constater que La Bosse pourrait avoir de la compassion!?

En conclusion: Cette première partie d'Une Amie Commune met en appétit pour la suite des enquêtes ésotériques du Club Diogène. Publiée en cette nouvelle année 2008 sous forme de gazette, La Clef d'Argent confirme encore une fois son immense talent d'éditeur alliant avec finesse esthétique et récits fantastiques comme on en lit rarement. Une Amie Commune est l'une des plus sombres et des plus terrifiantes histoires du Club Diogène et atteste avec style du talent de conteur des écrivains Jérôme Sorre et Stéphane Mouret. Je vous conseille de vous évader en lisant la première partie d'Une Amie Commune vers une ballade effroyable dans les rues d'un Paris mis à feu et à sang et où navigue une créature plus qu'effrayante.

Lucie M.

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Scifi-universe.com, 19 février 2008.

Saturne: «Pour Saturne dont l'appétit est pantagruélique, c'est l'heure de la grande bouffe: il mord les crânes, suce les cervelles, ingurgite les seins ; engloutit les coeurs, les cris, les corps...»

Ce récit effrayant raconte la sombre quête d'un être étrange qui fut autrefois humain. Sans miséricorde aucune Saturne s'applique à détruire les derniers vestiges de la race humaine. Il tue, mange, viole et détruit les humains. Saturne est gourmand et gobe souvent des têtes entières sans rien recracher. Saturne est ignoble. Mais n'est-il pas le reflet de notre société actuelle ? Une société sans compassion, froide et vouée à la destruction. Hum! Pas très joyeux tout ça.

Saturne de Christophe Lartas est une lecture insolite. Pleine de sauvagerie macabre, elle se laisse pourtant lire avec facilité. Bien évidemment, nous haussons quelque fois les sourcils et notre bouche forme une moue quelque peu dégoûtée à l'évocation des tueries gastronomique de Saturne. Mais je dois dire que j'ai trouvé l'ensemble de ce récit apocalyptique hypnotisant. J'avoue avoir été charmée par cette petite histoire d'une noirceur poétique très décapante.

Mais d'où vient Saturne ? Comment en est-il arrivé à cette extrémité ? On ne sait pas! On ne saura jamais ! Mais on s'en doute quelque peu! Lasse de la vie, Saturne vient à nous tout en s'imposant de par sa férocité insatiable. Il aime détruire la race humaine ; la haïssant plus que tout. La chair le dégoûte et l'être humain encore plus pourtant il l'aime également puisque sa faim inextinguible est concupiscente. C'est là toute la complexité de ce personnage au passé évasif mais pourtant au présent si imposant. N'est-il pas le dernier représentant de la race humaine et surtout sa représentation la plus révélatrice ? Celle de la destruction et de la mort?

Christophe Lartas s'est sûrement inspiré d'une divinité de la mythologie romaine. Saturne est né ? associé au dieu grec Cronos ? fils d'Uranus ? le Ciel - et de Thellus ? la Terre ? qui détrôna son père puis son frère, Titan, mais à une seule condition. Une condition terrible et inhumaine : faire périr sa future progéniture pour que les enfants de Titan puissent régner à la mort de Saturne. Donc ce dernier dévora sa progéniture qu'il avait eu avec sa femme Cybèle pour que sa descendance ne puisse pas lui succéder. Pourtant, Cybèle put sauver l'un de ces enfants et ce fut Jupiter, dieu de la foudre et du ciel: le père de tous les Dieux. En conclusion: Saturne est un récit apocalyptique, sombre et sauvage. Il vous fera hausser les sourcils et fermés les yeux en raison de certains passages gastronomique de Saturne. Pourtant, il se lira avec facilité grâce à la noirceur poétique qui se dégage du texte de Christophe Lartas. Un texte sans irrégularité puisque toujours prompt à vous hypnotiser grâce à un style littéraire irréprochable.

Lucie M.

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La République des Pyrénées, 15 février 2008. 

Lembeye - Conférence sur Jules Verne

Lionel Dupuy s'est appliqué à démontrer qu'«un siècle avant nous, Jules Verne avait déjà les mêmes interrogations sur les rapports entre l'homme et son milieu». Dans le cadre de l'exposition internationale de Saragosse consacrée à l'eau et au développement durable où le département des Pyrénées-Atlantiques a été retenu pour représenter la France, le Conseil Général a mis en place plusieurs événements et manifestations autour du thème de l'eau. Chargé de projets «Arts et Culture» au Centre National de Documentation Pédagogique*, Lionel Dupuy est venu à Lembeye animer une conférence sur «20 000 lieues sous les mers, une métaphore pédagogique**». À travers le roman de Jules Verne, dont il fait une analyse transdisciplinaire, le conférencier a mis en évidence le caractère résolument contemporain des réflexions de l'auteur et donné aux personnes présentes de nouvelles clefs de lecture en éveillant leur curiosité et leur sagacité. Lionel Dupuy s'est appliqué a démontrer qu'«Un siècle avant nous, Jules Verne avait déjà les mêmes interrogations sur les rapports entre l'homme et son milieu» et avait eu la capacité d'extrapoler un principe devenu aujourd'hui une nécessité: «respecter l'environnement et procéder à un usage raisonné des ressources naturelles afin de protéger l'homme et ces dernières». Il est certainement regrettable qu'un manque de communication ait empêché une plus large diffusion pour une conférence qui méritait plus d'auditeurs.

J.P. Lagarde
*L'auteur de l'article voudra bien nous pardonner de rectifier ici une légère erreur: Lionel Dupuy est en fait professeur d'histoire-géographie au collège Calandreta de Pau et Doctorant en Géographie à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.
** Une métaphore «écologique» est le terme employé par Lionel Dupuy.

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Fantastinet.com, février 2008.

Le passage: Ce recueil est le quatrième de l'auteur et le premier que je lis et ce fut une excellente idée des Editions La Clef d'Argent que de publier Sylvie Huguet puisqu'il s'agit ici de nouvelles fantastiques très bien écrites et agréables à lire. Doit-on voir dans le titre un hommage au film éponyme avec Alain Delon ? Je n'en ai aucune idée même si chacun des personnages va passer de l'autre côté, et quitter la réalité d'une façon ou d'une autre et ce, sans s'en rendre spécialement compte. Les nouvelles sont fréquemment - et pratiquement uniquement - basées sur des rencontres avec des animaux sauvages dont la réputation de prédateur n'est généralement pas à faire: nous avons des rencontres entre l'homme et le loup, le guépard, le tigre mais aussi avec une licorne, une des deux nouvelles qui m'ont le plus particulièrement plu avec le sanctuaire. Ce petit recueil court est bien sympathique et nous change des habituelles thématiques abordées. Et je dois reconnaître, puisque j'avais fait la remarque sur une autre parution de La Clef d'Argent sur le coût du livre, que le prix du titre vaut largement le contenu! D'ailleurs, il est à noter que le choix de l'illustration de couverture se révèle particulièrement brillant et représente ? à mon sens ? à merveille le contenu. Une bonne acquision donc!

Allan Dujiperou

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Solaris, janvier 2008.

Sylvie Huguet a déjà publié une centaine de nouvelles, dont trois recueils et deux romans entre 1999 et 2006. Mais comme rien n'a traversé l'Atlantique (si ce n'est trois nouvelles parues dans Solaris dans les années 80), ce recueil proposé par La Clef d'argent risque d'être votre premier contact avec cette auteure. Onze nouvelles de fantastique qui jonglent avec le concept du passage, celui qui mène de «l'autre côté», pour le meilleur ou pour le pire...

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Fantastinet.com, 16 janvier 2008.

Saturne: Résumé de l'Histoire: Saturne s'est donné comme mission de purifier le monde et pour cela, il doit détruire l'humanité, responsable de la mauvaise santé de la planète... C'est la raison pour laquelle il parcourt les continent et le monde, mangeant et tuant tous les hommes, les femmes, les enfants, ne prenant le risque de ne laisser aucune trace de cette engeance. Cela étant, il n'est pas en mesure de déterminer ce qu'il fera une fois sa mission accomplie.

Notre Avis: Ce roman est étrange, il est étonnant de voir avec quelle violence sont racontées les voyages de Saturne et ses rencontres avec les survivants qui essaient par tous les moyens de l'amadouer en essayant de faire jouer la compassion, en essayant de faire jouer l'amour ou tout simplement en essayant de le combattre... Il semble que rien ne marche et je pense que le plus surprenant avec Saturne est cette facilité de lire -- sans en être dégoûté -- toute cette boucherie. Car il s'agit d'une boucherie et il convient de préciser pour les personnes qui ont l'âme sensible qu'il est indispensable qu'il détourne le regard de ce petit format.
Si, comme vous avez pu le comprendre, on se repait assez facilement de cette violence «gratuite» (car nous ne savons finalement pas la cause profonde de cette destruction en masse et surtout nous ne savons pas la suite de ces aventures et son devenir), on pourra toutefois regretter le prix élevé de ce format, plus petit par la taille et par la contenance à d'autres format poche et vendu à 9 Euros.
L'explication tenant sûrement dans le faible volume de tirage je pense.

Allan Dujiperou


Note de La Clef d'Argent: c'est exactement cela, avec un tirage initial de 200 ex. il n'est pas possible de vendre ce livre moins cher. C'est le prix à payer, hélas, pour continuer à lire des livres en papier qui sortent un peu de l'ordinaire.

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Sud Ouest, 9 janvier 2008. 

Conférence / Pau. Lionel Dupuy, Jules Verniste éclairé, propose une relecture de l'auteur sous l'angle de l'humour. Drôle de Jules.

Qui s'intéresse à Jules Verne se doit de connaître Lionel Dupuy. Ce géographe de formation est l'auteur de deux opus proposant un autre regard sur la série des «Voyages Extraordinaires» de Jules Verne. L'année du centenaire de la mort de l'écrivain (2005), il avait publié Un autre regard sur les Voyages Extraordinaires. Une analyse de cinq romans du maître, examinés à l'aune de la géographie. Sa devise: «Jules Verne est l'exemple type de l'auteur mésestimé, souvent cantonné à la littérature pour enfant. Prenez Edgar Allan Poe pour l'étrange, Victor Hugo pour le romanesque, et Elisée Reclus pour sa géographie, et vous avez Jules Verne.»

Dans son deuxième ouvrage: Jules Verne, l'homme et la terre. La mystérieuse géographie des Voyages Extraordinaires, Lionel Dupuy analyse l'incidence d'Elisée Reclus, géographe et théoricien libertaire -- qui séjourna à Orthez -- sur son oeuvre.

Humour et dérision. Des travaux qui l'ont amené à courir l'hexagone et à être référencé parmi les plus éminents spécialistes de l'auteur de «Vingt mille lieues sous les mers». Lionel Dupuy, qui puise dans son oeuvre comme dans un puits sans fond, prend cette fois un angle d'attaque radicalement différent. Ce sera d'ailleurs l'objet d'une conférence qui se tiendra dans le cadre de l'Université du Temps Libre, vendredi. Le thème: « Ironie, humour et dérision dans l'oeuvre de Jules Verne. Une autre facette des Voyages Extraordinaires ». Un prisme qui n'élude pas pourtant la dimension géographique. A titre d'exemple, un extrait de «La Géographie illustrée de la France et de ses colonies» (1868): « Les Corses, isolés dans leur île, et d'ailleurs peu soucieux d'en sortir, ont conservé en grande partie leurs moeurs primitives ; ils sont restés superstitieux, mais sobres, hospitaliers, dédaigneux d'un confortable que la plupart d'entre eux ne soupçonnent même pas [...] Ces particularités s'appliquent surtout à l'habitant des montagnes, qui est paresseux de nature, mais vindicatif à l'excès.»

Conférence, vendredi 11 janvier à 17h30, amphi de la fac des Lettres. Thème: «Ironie, humour et dérision dans l'oeuvre de Jules Verne. Une autre facette des Voyages Extraordinaires». Accès libre.

Xavier Sota
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