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Dossier de presse
 
Cette page contient notre dossier de presse pour l'année 2002.
Dossier de presse de l'année: 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018.

Le Guide de la Presse 2002 , décembre 2002.
Alphom, 206 rue La Fayette, 75010 Paris, France.

   Le Codex Atlanticus est une revue dédiée par ses créateurs Christian Hibon et Philippe Gindre à la nouvelle et aux textes courts du domaine fantastique. Leur goût commun pour les franges insolites de la littérature fin de siècle les inspire notablement. Autant dire qu'il émane de ces avatars du symbolisme des senteurs de fleurs du mal plus qu'étranges. Book et mystère Lancée en 1990, cette revue associative d'abord reprographiée est devenue un périodique de qualité remarquable à partir de 1994. imprimé, façonné par des professionnels. Ses sommaires qui mêlent finement nouvelles anciennes (Théo Varlet, Claude Farrère, Jean Richepin, etc.) et contemporaines (Michel Butor, Francis Giraudet, Christian Hibon et Philippe Gindre eux-mêmes) témoignent en outre d'un souci documentaire louable. Les écrits sont sertis dans des appareils de notes bio-bibliographiques et d'études signées par des spécialistes reconnus tel l'Américain S. T. Joshi, biographe de H. P. Lovecraft. Les lecteurs du Codex bénéficient ainsi non seulement de leurs lumières mais aussi de textes inédits d'auteurs cultes (Clark Ashton Smith).

Éric Dussert

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Egone.net, décembre 2002.

   Les éditions de la Clef d'argent restent fidèles à elles-mêmes avec ce nouveau petit roman : on y trouve tout à la fois leur goût pour la mode abandonnée des feuilletons littéraires (puisqu'on espère bien vivement retrouver la sinistre clique de ce Chef d'oeuvre), celui du bizarre et des belles lettres pour le cacher, et enfin une attirance rêveuse pour le dernier siècle passé, dont la fin ne cesse de distiller un parfum de corruption qui, jusqu'à travers ce roman, nous imprègne encore. Nous retrouvons tout cela ici, et pour bien nous ancrer en terre connue les personnages de ce texte nous sont présentés par le menu, portraits à l'appui, les uns après les autres, avec leurs manies et leur caractère, comme sur de petites fiches. Le décor est planté ; c'est un premier volet, mais nous voilà déjà avec de vieilles connaissances, presque prêts avec elles à déjà nous ennuyer. Et c'est là que la surprise commence, avec une subtilité insolite qui, en faisant toujours un hommage à la littérature de genre de ce siècle et du passé, la dépasse avec élégance en lorgnant vers des plages plus étranges. Car voilà : tous ces originaux se morfondent et s'ennuient, eux aussi ; et ils se retrouvent pour tromper leurs solitudes en fricotant d'aussi prêt que possible avec l'étrange et le morbide ; de très près, mais avec cependant un détachement souverain. Comme s'ils lisaient une histoire, ou presque. Et le remède à l'ennui qui les ronge semble plus tenir dans la contemplation de leur propre vacuité, qu'ils testent à la flamme d'une bougie suiffeuse avec le secret espoir de la voir enfin s'enflammer, que dans toutes les horreurs qu'ils croisent en les regardant comme sinistres farces à peine drôles - tant et si bien qu'il faut qu'ils jettent l'un d'eux à l'assassin de service pour apprécier toute la réalité du danger. Et le lecteur se trouvera surpris de tant de nonchalance, qui est en général une vertu à lui seul réservée : les héros de ce petit conte semblent avoir pris les devants, avoir dévoilé les mécaniques bien huilées depuis plus de cent ans des récits d'horreurs et autres hystéries, et leur ennui est une parodie du nôtre, enfin déjoué d'étrange manière. Peu importe à la rigueur ce misérable coupeur de têtes et sa collection sinistre : l'intérêt n'est plus là, mais plutôt dans les hésitations élastiques que font entre eux les atomes de cette petite société secrète. Bref c'est une belle réussite que ce livre magnifiquement illustré par Fernando Goncalvès, qui est à la fois hommage et extrapolation aux grands ancêtres de la littérature d'angoisse - avec toujours cette sympathie mignonne, comme peut l'être un péché, pour les vieilleries littéraires et les originalités singulières, dont la Clef d'Argent s'est rendue élégamment coutumière.

Laurent Bramardi

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L'Annonce-Bouquins n°196, novembre 2002.
121 avenue Pompidou, 33500 Libourne, France.

   A signaler donc le numéro 13 du Codex Atlanticus avec une nouvelle découverte (tout du moins pour moi), Charles de Coynart. Mais les petits jeunes qui se pointent, Jean-Pierre Bours, Jonas Lenn et Philippe Vidal, ne sont pas mal non plus. Quant à Christian Hibon, un habitué, il a démontré depuis longtemps son talent, ce qui ne m'empêche pas de le citer, ce serait une injustice. Le Codex Atlanticus est au fantastiques et à l'étrange ce qu'était Mystère Magazine au polar. Une référence et un tremplin pour des talents en devenir. On ne pourra que regretter l'absence, depuis deux ou trois numéros, de la rubrique concernant les autres revues se rapprochant au genre.

Paul Maugendre

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Le Progrès - édition de Dole, 18 octobre 2002.

Édition: La Clef d'Argent ouvre les portes du fantastique:
Maison d'édition créée en 1987 sous forme d'association, La Clef d'Argent est domiciliée à Dole. Elle est spécialisée dans la littérature fantastique.
   DEPUIS 1987, la ville de Dole compte un éditeur dans ses murs. Au 22 avenue Pompidou, La Clef d'Argent reste très discrète. Plusieurs causes à cela. Créée sous la forme d'une association, elle n'a pas pignon sur rue: pas d'enseigne et encore moins de locaux. Et elle se consacre, exclusivement, à une «niche» éditoriale, la littérature fantastique. Dont on recense à peine 5000 lecteurs réguliers en France. «On s'est toujours intéressé au fantastique, à l'insolite. À la différence des romans d'horreur ou de science fiction, le style qui nous intéressait n'était pas très porteur au niveau commercial. On s'est lancé dans une association pour pouvoir mettre de temps en temps l'activité de côté, c'est beaucoup moins contraignant qu'une SARL» raconte Philippe Gindre, installé depuis peu à Aiglepierre. Cet ancien professeur de linguistique, aujourd'hui traducteur à domicile, est co-fondateur de la maison d'édition avec Philippe Dougnier, illustrateur et infographiste. L'association s'est donc spécialisée dans la publication de textes représentatifs du «fantastique littéraire». C'est à dire? «Il s'agit de récits où un élément déstabilisant vient perturber le quotidien et remet en question ce qu'on pense étre la réalité. On se demande si cet événement est surnaturel ou pas». À la différence du merveilleux ou de la science-fiction, le lecteur ne sait pas s'il a basculé dans l'irrationnel. «On est toujours à la limite. L'auteur entretient l'ambiguité. Ce qui nous intéresse, c'est plutôt l'absence de réponse». L'un des représentants les plus connus de ce genre est I'Américain Lovecraft (1890-1937). La Clef d'Argent est d'ailleurs le titre de l'une de ses nouvelles.
Bouche-à-oreille et Internet
   Au début, Philippe Gindre et ses amis photocopiaient et agrafaient leurs Bouquins. Depuis plusieurs années, ils parviennent à se payer régulièrement les services d'un imprimeur grâce au soutien du Centre Régional du Livre. Le catalogue compte une quinzaine de titres, romans, poèmes et essais (lire ci-contre). L'éditeur publie des auteurs contemporains et exhume des vieux textes datant de la fin du 19e ou du début du 20e siècle. Les tirages sont compris entre 500 et 1000 exemplaires. Quant à la diffusion, hormis trois dépôts-ventes en librairie (1), elle se fait essentiellement grâce au bouche-à-oreille, et avec l'aide d'Internet. «Créer un site (ndlr : www.clef-argent.org) ne coûte presque rien. En plus, on fait référencer nos livres sur les librairies en ligne et ils sont repris dans des bases de données comme Electre». La Clef d'Argent édite également une revue semestrielle Le Codex Atlanticus dont Le Monde des Livres, par exemple, dit souvent le plus grand bien. Philippe Gindre envisage de transformer bientôt cette publication en anthologie annuelle de la littérature fantastique.

ED.P.
(1) La Passerelle à Dole, Les Sandales d'Empedocle à Besançon et la Tête Ailleurs à Creil.

X-Files dolois
   L'ESSAI d'un universitaire grenoblois sur le thème du double dans l'oeuvre de Lovecraft. Les poèmes du californien Clark Ashton Smith (1893-1961) traducteur de Baudelaire. Ou une analyse littéraire sur «Espace et Temps dans l'oeuvre de Jules Verne». Le catalogue de La Clef d'Argent décline le fantastique sous tous les modes. Il présente également une collection de petits Bouquins vendus 2E: «Ténèbres et Cie». «C'est un hommage et une parodie des romans de quais de gare publiés des années 30 à 50, explique Philippe Gindre, co-auteur avec Christian Hibon. On écrit des polars un peu déjantés, un genre d'X-Files très franchouillard». Les aventures de John Coolter et Isidore Quincampoix, «investigateurs métapsychiques» passent régulièrement par Dole. C'est en effet près de la collégiale que le professeur Amable Cherpillaud a créé l'Institut d'Ethnocosmologie Appliquée, spécialisé dans «l'investigation rationnelle des phénomènes paranormaux liés aux diverses représentations cosmologiques humaines (hantises, mythimages, Chipougnes, abstractions mythogénétiques, attracteurs étranges, etc)»...

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Le Visage Vert n°12, octobre 2002.
Le Visage Vert, Éditions Joëlle Losfeld, 4 rue Caroline, 75858 Paris Cedex 17, France.

   Ce premier volume des aventures du Club Diogène procurera à tous les amateurs de littérature fin de siècle (siècle que l'on s'abstiendra toutefois de numéroter) un assez plaisant quart d'heure. Les deux auteurs ont lu Champfleury et Talmeyr, sans nul doute, et quelques autres que les érudits reconnaîtront conformément à leurs propres lectures. Ils ont eu aussi quelques fréquentations plus récentes, ce qui donne parfois à leur pastiche un regrettable goût moderne. Le club Diogène réunit de temps à autre, dans un hôtel qui a connu des jours meilleurs, sept détectives amateurs, bien plus portés sur la boisson et le désordre, cependant, que Sherlock Holmes ne l'est sur les drogues illicites. Les enquêtes n'en sont guère; nos détectives s'invectivent, se trahissent et s'enivrent avec acharnement, pour se désennuyer, et se procurer quelques mortels frissons. Amusent-ils le lecteur? Sans aucun doute, si l'on excepte quelques effets encore un peu voyants de mise en place. «il s'appelle Cézanne, c'est peut-être un nom à retenir», fanfaronne l'un des personnages: la ficelle du réel est si grosse (et dans ce genre de littérature, si profondément inutile) qu'on quitte un moment les faubourgs délétères de Paris pour retomber dans le «roman à costumes de qualité française». Un genre qui n'a rien à faire à la Clef d'Argent, maison qui aligne sur sa carte de visite les noms de Lovecraft et de Gabriel de Lautrec. Si ce Chef d'oeuvre sent encore le rodage, l'on attend avec le sourire la suite des aventures de MM. Vayec, Féodor, Franklin et consorts (sans oublier deux compagnes du beau sexe, Camille et Lison), et l'on admire au passage les jolies vignettes et lettrines de Fernando Goncalvès-Félix et le soin apporté à la confection du volume -- couverture, papier, format, couture (que les «grands éditeurs» ont définitivement reléguée aux oubliettes de l'imprimerie de qualité).

Anne-Sylvie Homassel

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Le Visage Vert n°12, octobre 2002.
Le Visage Vert, Éditions Joëlle Losfeld, 4 rue Caroline, 75858 Paris Cedex 17, France.

   Le douzième numéro du Codex Atlanticus est paru en décembre 2001. Toujours aussi bien présenté, le Codex propose l'exhumation d'une nouvelle de Mare Stéphane («La Réincarnée», 1910, postface d'Éric Dussert) et cinq récits contemporains de Christian Cottet-Emard, Denis Moiriat, Thierry Caspar, Jean-Pierre Rosetta et Olivier Gabriel. Imprimé en septembre 2001, Nostalgie de l'Inconnu regroupe l'intégrale des poèmes en prose de Clark Ashton Smith. Encore une plaquette soignée (80 pages) qui sert parfaitement le lyrisme méconnu de Smith. Un travail remarquable qui se décline en exemplaires de luxe et courants (respectivement 54 et 500 exemplaires).

Anne-Sylvie Homassel

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Lotus Noir n°56, septembre 2002.

   Le Codex Atlanticus n°13: Chaque nouvel opus du Codex Atlanticus, revue de littérature fantastique de très haute tenue, est une véritable petite perle sombre. Plaisir des yeux et l'esprit, ce treizième numéro ne déroge pas à la règle. Au menu, six textes de grande qualité signés d'auteurs anciens et modernes, accompagnés de courtes notices bio-bibliographiques et de superbes illustrations. Un must, incontestablement.

Johan Scipion

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Présences d'Esprits n°32, août 2002.

   Le Codex Atlanticus n°12: Avec l'équinoxe revient le Codex, une revue de l'étrange et du fantastique concoctée par Philippe Gindre. Chaque livraison est un régal, équilibre minutieux entre un texte ancien et 5 ou 6 nouvelles contemporaines. Pour la partie «historique» c'est Marc Stéphane et La Réincarnée qui ont été retenus pour ce numéro. Cet auteur qui se veut d'abord un réfractaire, un pamphlétaire, de surcroît rural, sait mettre en oeuvre un climat fantastique nourri par une phrase et un vocabulaire parmi les plus originaux du début du siècle. Des autres textes contemporains, il faut remarquer pour leurs qualités d'écriture et leur tonalité : Les Démons du hasard de Thierry Caspar, bien qu'il flirte avec l'idée maîtresse des aventures de Peggy Sue, la nouvelle héroïne de Serge Brussolo et Lamento de Jean-Pierre Rosetta, une quête expiatoire.

Serge Perraud

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Pays Comtois n°43, juillet-août 2002.

   La Clef d'Argent. Bienvenue dans le fantastique. Fantastique adj. (Qui concerne l'imagination). Se dit d'une oeuvre littéraire décrivant l'irruption du surnaturel et de l'irrationnel dans la réalité quotidienne. Telle est la définition du Petit Larousse faite sienne par la Clef d'Argent, association Doloise spécialiste de l'édition d'ouvrages fantastiques. Elle s'affranchit des frontières géographiques autant que rationnelles. Philippe GINDRE et ses amis sélectionnent des auteurs internationaux, jeunes ou reconnus, du XVIIIème au XXIème siècle. Rencontre. Il pleut. Pluie intense qu'un ciel trop clair rend aveuglante. Le synopsis de commande de l'article était laconique et je n'ai rien potassé des littératures de l'imaginaire. J'ai rendez-vous à 10 heures et, en retard, je cherche une entrée en matière pertinente en même temps que l'adresse indiquée par téléphone : « le numéro 9, au bout du chemin». La rue déroule ses maisons... 5, 7, puis les champs. Demi tour : 7, 5, 3... pas de 9. Une boite aux lettres surgie d'entre deux haies m'ouvre alors la voie de terre qui mène au pavillon. Mystères conjugués de l'arithmétique et de la voirie municipale, dans ce village jurassien, le 9 vient entre 5 et 7. Philippe, son épouse et leur petite fille emménagent, les cartons encombrent les lieux. Mon arrivée surprend la quiétude familiale de ce samedi matin ; à l'évocation de La Clef d'Argent, l'enthousiasme emplit la cuisine. En 1987, Philippe Gindre et Philippe Dougnier, étudiants à Besançon, sont passionnés de fanzines. La Clef d'Argent est celle que leur confie Howard Phillips Lovecraft. Du titre d'une nouvelle écrite en 1926 par ce maître de la littérature fantastique, ils baptisent leur association et lancent leurs propres publications : artisanat, photocopies, et cutters! Ils éditent des nouvelles dont la brièveté se prête au genre, ainsi qu'aux contraintes d'une jeune maison et à la diffusion de nouveaux auteurs. Depuis, ces étudiants devenus actifs et dispersés sur l'hexagone nourrissent la Clef de leurs trouvailles. 1996 marque la sortie d'une revue semestrielle. Le Codex Atlanticus, anthologie de textes classiques et contemporains, est comme une malle oubliée dans un grenier. Peuplée de merveilles, de mystères, elle provoque fascination et émois. Quelques lignes et l'ambiance vous enveloppe, les mots vous happent lorsque, indicible et glaçant, l'étrange survient. Vous basculez. Le fantastique est là qui vous laisse dans l'ambiguïté. Hésitant entre réel et surnaturel. Le jeune couple, voie douce et ton posé, conte son plaisir à découvrir ces textes fantastiques, genre ancestral qui connaît un engouement nouveau. Franc-Comtoise d'état civil, la Clef d'Argent ouvre les portes de la francophonie à ses créateurs, auteurs, lecteurs qui s'affranchissent des frontières régionales comme des limites du rationnel. Via internet, les publications naviguent de Besançon (Sandales d'Empédocle) à Québec ! Deux heures plus tard et le carnet de notes noirci, je prends congé. Philippe me confie une sélection d'ouvrages pour assouvir ma curiosité nouvelle. Quelques jours après, l'article écrit, je glisse les livres dans un sac et décide de les rapporter. J'emprunte la rue : le 3, le 5,..., le 7. Une haie discontinue masque les jardins. Il n'y a pas de chemin. Pas de boite aux lettre. Le 9 n'existe pas. Aucune maison. Dans ma main, le sac est vide. -- Coup de coeur pour la collection « Ténèbres et Cie », les aventures renversantes de Coolter et Quincampoix, infatigables enquêteurs de l'étrange. Façon littérature de quai de Gare, des minis volumes, (48 pages - petits formats) très noirs, très années 50, trépidants.

Anne Philippe

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www.lefantastique.net , juillet 2002.

   Le Codex Atlanticus n°13: Le Codex Atlanticus pour cette treizième parution a eu l'excellente idée de publier Celui qui pourrissait de Jean-Pierre Bours. Auteur belge qui avait obtenu pour son recueil de nouvelles fantastiques le prix Jean Ray en 1977. Une plongée dans l'horreur que vit un homme dont l'état physique se dégrade de façon épouvantable. Un texte de très haute qualité. Tout aussi remarquable, Le Fossoyeur de Charles de Coynart, oscille entre fantastique et coïncidence. La Vérité est dans le vin de Jonas Lenn est également remarquable tant le texte a su trouver le rythme adéquat pour nous emmener de tension grandissante vers une chute remarquablement préparée! Citons encore la présence de Philippe Vidal (Critique du 6e sens) et de Christian Hibon (La Dernière bouteille), textes bien écrits mais dont le fond ne transcende pas vraiment... En définitive, ce treizième numéro du Codex jouit une fois de plus de textes de qualité qui combleront les passionnés de fantastique, nostalgiques et curieux. Dommage qu'il y ait un petit goût de trop peu quant à la quantité de textes publiés...

Christophe Van De Ponseele

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L'Annonce-Bouquins n°191, mai 2002.
121 avenue Pompidou, 33500 Libourne, France.

   Chef d'oeuvre de Stéphane Mouret et Jérôme Sorre: Entre le Club des Cinq d'Enyd Blyton et celui des Veufs noirs d'Isaac Asimov, (il en existe d'autres, mais je ne voudrais pas me montrer pédant!) voici le Club Diogène créé par Stéphane Mouret et Jérôme Sorre. Composé de sept membres, dont deux femmes, ce club évolue dans le Paris de la fin du XIXème siècle, à l'affût de faits divers croustillants et mystérieux. Ainsi Le Maréchal, doyen du club, vient d'assister à un événement étrange. Un homme s'est emparé de la tête d'un condamné à mort et du panier qui la contenait, avec l'aval du bourreau qui a actionné la guillotine. Qui est donc cet homme, et pourquoi cette emplette d'un genre macabre? C'est que vont s'attacher à découvrir les membres du Club Diogène, dans une enquête qui donnera quelques sueurs froides à l'un d'eux et mettra en scène un personnage mystique et collectionneur. Plaisant à lire, écrit dans une langue savoureuse, cet opus, premier d'une série qui j'espère devrait en comporter plusieurs, ce Club Diogène joue avec la terreur, l'époute, mais sans artifice grandguignolesque ou outrageusement sanglant. Bref un petit bonheur de lecture.

Paul Maugendre

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Leprozy n°18, avril-mai 2002.
Leprozy zine, 3 rue Jean Moulin, 34370 Creissan.

   Nouvelle édition de la Clef d'Argent, Codex 12. Cet opus ne déroge pas à la règle, des écrivains de talent ou les textes anciens se marient à merveille avec des textes plus actuels. À noter le texte de Rosetta (ndlr auteur déjà chroniqué dans nos pages) «Lamento» qui trouve dans le Codex une place méritée. Félicitations.

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Khimaira n°14, avril 2002.
56a Cinquant, B-7890 Ellezelles, Belgique.

   Le Codex Atlanticus n°12: Une nouvelle livraison de la revue de littérature fantastique au ton particulier. Deux textes ont retenu toute notre attention pour leur originalité et le véritable plaisir ressenti à leur lecture. Les démons du hasard de Thierry Caspar nous lance dans une aventure bien curieuse. Un homme aveugle retrouve la vue. Mais bien plus que la simple vue. Il est désormais capable de voir les démons qui sont à l'oeuvre dans notre quotidien. Idée originale, plaisante et digne d'intérêt. Les sirènes du building d'Olivier Gabriel nous fait découvrir une nouvelle apparition de ces créatures mythologiques. Dans un contexte de la guerre du Vietnam, ce texte fait lui aussi preuve d'originalité. En résumé. le Codex Atianticus répond une fois de plus à nos attentes par un choix judicieux et surtout le respect d'une ligne éditariale précise, située dans un style et un ton fin 19ème, début 20ème.

Christophe Van De Ponseele

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Hématomes Crochus n°12, avril 2002.
48 boulevard du Val Claret, 06600 Antibes, France.

   Nostalgie de l'Inconnu par Clark Ashton Smith: En amoureux de jeunesse de Lovecraft, et donc de tout ce qui y renvoie, je me suis précipité sur cet ouvrage. Et je dois avouer que c'est plus le nom de l'auteur que la connaissance de son oeuvre qui m'a donné envie. Ah, des monstres et des merveilles! La découverte du contenu, qui s'avère être un recueil de poèmes, m'a un instant fait regretter le geste d'avoir saisi le livre au vol. Mais la déception n'a été que passagère, et rapidement oubliée. Car l'ouvrage est très précis et référencé. Et avant tout, il s'agit de prose. Pas de rimes alambiquées ni de comptage de pieds, autoritarismes qui m'empêchent (bien leur en prend) de me plonger dans le monde si particulier (et la plupart du temps prétentieux) de la poésie. Car l'auto-proclamation de l'état de poète passe souvent par l'imagerie de la licence poétique, plus que la recherche de rythmes de lecture et d'évocations originales. Quand il s'agit de prose, on est plus près de Patti Smith que de Saint Germain des Prés. Et pas uniquement à cause du patronyme. Mais parce que la prose permet de créer sa propre respiration, et le choix du vocabulaire exact. Pour Clark Ashton Smith, tout fonctionne merveilleusement. La longueur extrême des phrases, l'emploi de mots plurisyllabiques et étymologiquement précis font plonger le lecteur dans les profondeurs étouffantes du récit, à la place d'un survol, malvenu ici. J'ai bien dit récit, car même si l'on appelle cela des poèmes (et la note de fin d'ouvrage est juste sur bien des points), il s'agit toujours de raconter une histoire. Histoires figées, dans des paysages grandioses mais désolés, couleurs fabuleuses mais que personne ne contemple, l'auteur décrit presque toujours des espaces détemporalisés. La recherche d'écriture achève de réussir à décrire des géométries non euclidiennes en termes euclidiens. Ce que Lovecraft (entre autres) cernait en parlant de l'innommable, Smith s'en rapproche aussi de la même manière: simplement en évoquant au lecteur le fait que ces choses lui sont inaccessibles. Mais il fournit en même temps de multiples indices qui créent d'extraordinaires images mentales. En un sens, tous ses poèmes en prose se répondent, formant au final une cartographie de mondes hors de notre portée, l'important étant de savoir qu'ils existent, et que l'on peut les imaginer. Pour celui qui veut s'y plonger, ajoutons seulement qu'il vaut mieux lire ces textes séparément, l'impression donnée par une lecture ininterrompue étant l'étouffement et (malheureusement) la répétition. Mais louons la richesse de chaque sentence (pour ce qui est de la traduction, j'ai eu connaissance d'extraits des textes originaux, et c'est de la haute qualité, rigoureuse, fidèle, mais pas un morne mot à mot); et le fait que l'ensemble dépasse de très loin le cadre réducteur d'écrit fantastique. Ici, on parle simplement d'imaginaire, et c'est tant mieux.

Thomas Courtois

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Hématomes Crochus n°12, avril 2002.
48 boulevard du Val Claret, 06600 Antibes, France.

  Le Codex Atlanticus n°12: Décidément, Le Codex est plus une anthologie qu'une revue, et ce, contrairement à ce que sa (toujours belle) couverture indique. Compilation serait un très méchant mot pour définir son contenu, dont la qualité littéraire est indéniable. Que les nouvelles choisies soient d'une autre époque, par leur écriture (cette fois, un texte de 1910) ou les thèmes développés, cela est secondaire par rapport aux découvertes provoquées par leur lecture. On s'aperçoit non seulement que dans le fantastique, il y a toujours une continuité de pensée, mais surtout que certaines idées sont plus anciennes que l'on pouvait s'imaginer. Après, le lecteur pourra regretter le classicisme de l'ensemble, une volonté de perpétuer le genre dans les règles, ce qui amène parfois une légère linéarité. Mais il ne s'agit assurément pas d'une revue post-moderne, traditionnelle au contraire. Et le petit goût de poussière n'en est que plus doux, puisqu'il donne une antiquité à ces textes qui parlent souvent du passé comme d'un fantôme tenace (Le démon du retour, La réincarnée). Écrire & Éditer a raison de comparer Le Codex à une malle de grenier. À la lecture du texte de Marc Stéphane (1910, donc), plus que l'histoire prévisible, c'est véritablement le style qui frappe, tellement différent d'aujourd'hui, jusqu'à l'agacement (légitime) de parcourir une nouvelle qui n'est pas faite pour être lue par nous, d'un autre siècle. De plus, l'auteur en profitant pour régler au passage ses comptes avec la science, on se rend compte qu'il s'agit d'un moment où la prise de position (même exagérée) était en permanence radicale, pas d'une époque au consensus mou, comme la nôtre (la note à la fin de la nouvelle des Sirènes du building est là pour le confirmer). Si elle continue sur cette voie, la revue est promise à un bel avenir, même si elle se base sur la découverte de vieux trésors enfouis. Quant aux textes écrits de nos jours, on sent tout du long que leurs auteurs aiment cette tradition fantastique, qu'ils ne se forcent pas à être classiques. Et des gens sincères, c'est toujours plaisant et contagieux. Vous aurez bien compris qu'il faut lire Le Codex, pas avec le recueillement devant un Grand Ancien (encore que le blasphème semble impossible), mais avec l'envie de s'évader vers des temps plus lointains, à des époques où on utilisait le mot «jadis ». Et l'on oubliera alors assez facilement quelques lourdeurs (principalement Lamento de Jean-Pierre Rosetta), ou une introduction trop facile. Ce que l'on ne pardonnera pas, par contre, c'est le nombre réduit de pages, qui donne une lecture trop vite achevée. L'idéal serait de donner au Codex l'épaisseur d'un grimoire; après tout, il en a déjà le nom. Pour une revue qui paraît aux solstices, cela me semble tout naturel.

Thomas Courtois

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Le Monde des Livres de Poche 5 avril 2002.

   Chef d'oeuvre de Stéphane Mouret et Jérôme Sorre: Premier volume d'une série intitulée "Le Club Diogène" (on appréciera l'holmesienne allusion), ce roman permet au lecteur de faire la connaissance des membres de ce club qui, par ennui, pour se déprendre de la routine quotidienne, entreprennent des enquêtes sur des affaires bizarres, hors du commun, comme ici la disparition de la tête d'un condamné à mort et de son panier. Ce qui leur permet de tomber sur un collectionneur enthousiaste mais très particulier dont la quête, rien moins que métaphysique, le conduira, in fine, à l'échafaud... On attend la suite des investigations de ces dandys fin de siècle avec curiosité.

Jacques Baudou

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D-Side n°9, mars 2002.
3 bis rue Pasteur, 94270 LE KREMLIN BICÊTRE.

   [...] Strictement littéraire, mais fantastique encore, Le Codex Atlanticus poursuit, avec le brio qu'on lui connaît, son exploration méthodique de la fiction étrange et fin-de-siècle. Dans cette livraison, six textes courts (Stéphane, Cottet-Emard, Moiriat, Caspar, Rosetta, Gabriel) et les (sublimes) enluminures de Fernando Goncalvès-Félix. Un seul mot: excellent!

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Martobre n°13, février 2002.
22 rue de la Carreyrade, 66220 Saint Paul de Fenouillet, France.

   Clark Ashton Smith. Nostalgie de l'Inconnu. Après le flamboyant Mangeur de hachisch, les poèmes en prose de l'écrivain californien, plus connu chez nous pour ses nouvelles fantastiques. Une suite de visions baroques, parfois orientalisantes, qui rappellent souvent son ami Lovecraft, à l'étrange sert d'introduction à la métaphysique. Excellement traduit par Philippe Gindre.

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Chasseurs de rêves janvier 2002.

   Nostalgie de l'Inconnu: La Clef d'Argent continue son petit bout de chemin avec un fort bel ouvrage consacré aux poèmes en prose de Clark Ashton Smith, inédits jusqu'ici. Clark Ashton Smith étant surtout connu pour ses nouvelles fantastiques situées dans les univers de Lovecraft, c'est un beau travail d'éditeur et une découverte intéressante. A noter qu'il existe un luxueux tirage de tête, numéroté et accompagné de facsimilés de manuscrits, de photographies ainsi que d'une étude inédite, sous coffret.

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Le saviez-vous? Vous pouvez télécharger librement les versions pdf des recueils d'Édouard Ganche, Le Livre de la Mort et L'Ordre de la Mort.

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